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    October 30

    les contes de la Crypte

     
     
     
     
     

    Alexandre, jeune journaliste célibataire, décide d'aller à Peyrehorade afin de faire un reportage sur la rumeur de cette petite ville réputée pour sa forêt regorgeant d'une grande variété d'animaux sauvages. ( En effet, il existe une rumeur dans laquelle il est dit qu'un mutant aurait habité la forêt de cette ville.)

    Le jeune homme arrive l'après-midi à l'hôtel du village, dépose ses bagages dans la chambre, prend son inséparable appareil photo, et sort visiter le quartier ainsi que la forêt si mystérieuse à ses yeux.

    C'était un très beau quartier embelli par des dizaines de fleurs multicolores, en particulier des hortensias. A l'entrée de la forêt, une vieille femme l'arrête et lui dit :

    " - Mon cher ami, je vous déconseille d'aller là-bas, car à ce que je sache le mutant est toujours vivant.

    Madame, j'espère que ceci n’est pas une blague ou alors vous me le paierez très cher, je suis en reportage pour cette affaire et il me faut absolument ce scoop.
    Asseyez-vous alors, que je vous raconte l'histoire. "
    Alexandre s'assit par terre, prêt à écouter le moindre détail de ce que la vieille dame allait dire.

    " - Tout cela a commencé il y a environ cinq ans. Pendant cette période, dans le village régnait le calme et le bonheur. Les maisons étaient et le sont jusqu'à présent belles, décorées par d'immenses hortensias multicolores.

    Dans l'une d'entre elles, habitait un jeune homme du nom d'Erwan, très aimé par sa famille, ses amis et particulièrement par sa fiancé Silvia et par son meilleur ami Martin, un étranger alchimiste.

    Ce beau jeune homme avait des cheveux bruns ondulés et des yeux noisette très souvent rieurs. Erwan était très recherché par les filles, sa gourmandise beauté, son intelligence ainsi que sa douceur les charmaient.

    Un jour Martin invita Erwan pour qu'il puisse l'aider à faire une expérience sur une souris et, qui sait si elle ne durerait pas plus d'une semaine:

    " - Alors on se voit demain après-midi ? demanda Martin.

    - Sans problème! lui répondit Erwan, Allez salut! "

    Le lendemain le jeune homme se réveilla, excité comme une puce et commença à arranger ses affaires pour l'après-midi. A la sortie du cours de l’université, les deux amis se dirigèrent vers la maison de Martin et entamèrent une discussion :

    " - Je te remercie beaucoup de m'avoir invité, je suis tout excité de commencer cette expérience ; à propos ne sois pas étonné si tu me vois fouiller un peu partout car je suis très curieux, mais ne t’inquiètes pas, dit Erwan, je me tiendrai tranquille.

    - J’espère bien car je ne voudrais surtout pas que tu touches à ma découverte.

    Une découverte dis-tu! s'exclama soudainement Erwan dont le visage s'illumina subitement.
    Oui, j'ai découvert non loin d'ici dans une des grottes, une fiole et un livre je ne les ai pas tout à fait examiné‚ je t'en conjure, n'y touches pas car cela peut être très dangereux, compris ?
    Je te le promets. "
    Arrivé au laboratoire, situé derrière la maison, ils débutèrent l'expérience.

    Au fil des jours, le jeune homme avait du mal à tenir sa promesse, il ne pouvait cesser de contempler ces objets mystérieux et d'en deviner le contenu. Il n'en pouvait plus, la curiosité et l'impatience le rongeant il se précipite sur les objets, les bouscule par inadvertance et là, on entend un bruit de verre ainsi qu'un puissant cri d'horreur s’échappant de la salle ; certains dirent avoir vu une terrifiante créature verte sortir du laboratoire en direction de la forêt.

    Martin après avoir été longuement choqué par la scène, se dirigea pour ramasser les morceaux de la fiole lorsque tout d'un coup il remarqua une languette de papier (qui devait sûrement appartenir à la fiole) dans laquelle il était inscrit: " Si tu bois cette potion jamais tu ne seras le même ".

    A ce moment là, Martin réalisa enfin l'importance du drame; il regarda le livre, le prit et commença à l'analyser ; le livre était intitulé : " Secret de la transformation ".

    Il s'agissait d'un savant fou SIRIUS qui se transforma en mutant accidentellement à cause d'une potion inventée. Il écrivit ce livre avant de se suicider avec une autre potion destructrice qu'il conserva au cas où un malheureux imprudent essaie de jouer avec (cette métamorphose était contagieuse).

    Le jeune alchimiste n'avait plus qu'un seul but : détruire ce danger pour la ville c’est à dire trouver la fiole destructrice. "

     - C'est une bien triste et horrible histoire, coupa Alexandre.

    - Je le sais ; désirez-vous connaître la suite ? questionna la vieille dame. 

     

    "  Donc, suite à cela des événements étranges se produisirent : on retrouvait de plus en plus de gens morts au bord de la forêt ainsi que des enfants portés depuis longtemps disparus.

    Des hurlements hors du commun se faisaient entendre par les villageois terrifiés. Les habitants conclurent qu'il y avait une malédiction. De plus, la disparition d'Erwan les inquiétait, surtout Silvia. Martin ne cessait de dire que le mutant n'était en fait que le pauvre Erwan, mais peu de gens le crurent. L'inquiétude faisait ronger la jeune Sylvia, une très belle jeune fille aux cheveux soyeux dont le bleu des yeux ressemblait à celui de la mer et qui avait un gracieux port de tête. Elle était réservée, discrète, modeste et très peureuse. Quelques jours après, un grand jeune homme vantard se proposa de combattre ce fléau qui hantait la forêt. La semaine suivante, il fit le fier et dit :

    " Je vous rapporterai ce soi-disant monstre dans deux jours, cela ne me prendra pas beaucoup de temps. "

    Pendant ce temps dans l'une des grottes de la ville, Martin cherchait la fiole antidote. Après plusieurs heures de recherche, il trouva le fameux objet.

    Cette nuit-là n’était pas comme les autres : les bruits des animaux sauvages étaient plus effrayants que d'habitude, les enfants pleuraient et les parents terrifiés tremblaient de la tête aux pieds. Soudain un bruit surnaturel se fit entendre.

    Jamais les hommes n’avaient entendu un bruit aussi meurtrier. Deux jours plus tard, on retrouva le corps mort du jeune Rodolphe à l'entrée de la forêt ; ses habits étaient déchirés, et son corps marqué par d'énormes traces de griffures encore sanglantes.

    Les villageois conclurent qu'il fallait détruire à tout prix ce monstre. Ils se mirent d'accord avec Martin pour piéger la créature.

    Il fallut deux mois pour élaborer cette embuscade dont le village dépendait.

    Le soir suivant, le piège fut prêt : quatre hommes grands et musclés prirent Silvia comme appât.

    Attiré par sa beauté, le monstre ne put qu'avancer et se fit prendre. Immédiatement les villageois le rouèrent de coups sans pitié. Martin se jeta sur lui pour lui verser le liquide destructeur.

    Alors les habitants se dispersèrent pour observer le monstre gémir. Il furent dégoûtés lorsqu'ils aperçurent la monstrueuse figure du mutant. Il avait les yeux jaunes, des lèvres gélatineuses et verdâtres, des dents sales mais tranchantes. Sa tête avait la forme d'une pastèque, et, à la place des cheveux elle était recouverte de taches brunes. Le monstre n'avait pas de nez et n'avait que trois doigts, mais était incroyablement grand et musclé. Le monstre fut abattu. Pourtant Silvia ne passa pas une très bonne nuit : le mutant était-il vraiment mort ?

    Le lendemain elle demanda aux hommes de déterrer la bête pour vérifier si elle était encore sous terre, un frisson leur parcourut le dos : LE MUTANT AVAIT DISPARU !!! "

     

     - Elle est vraiment effrayante votre histoire, dit le journaliste

    - Je le sais , répondit la vieille dame, alors un conseil : n'y allez pas. "

    Elle dit au revoir.

    Après quelques instants, Alexandre se dirigea vers la forêt quand il aperçut deux yeux qui le regardaient…

    Une semaine plus tard, on a retrouvé le jeune homme mort devant la forêt !

     

     
     
     
     
     

    Le onze mars mil neuf cent quatre-vingt-cinq, j’allais au restaurant avec des amis. Arrivés au restaurant, on s’assit au tour d’une table. On commanda des boissons, puis on se raconta des histoires à tour de rôle, que chacun d’entre nous avait vécues.

    A mon tour je me souvins d’une histoire que j’avais vécue lors de mes vacances d’été en mille neuf cent quatre-vingt-quatre à PRAGUE, c’est à dire l’année précédente. Cette histoire m’avait terriblement marqué, je commençais ainsi :

    " Ma cousine Caroline avait huit ans. Sa mère était morte depuis quelques années. Elle vivait avec son père. Tous les samedis, il l’emmenait se balader en ville. Ce samedi puisque j’étais présent, je les accompagnais. Arrivés dans la boutique, nous visitâmes le magasin. Ma cousine se dirigea vers les jouets. Elle fut attirée par deux poupées : L’une brune, l’autre blonde. Son père se dirigea vers les livres, il aimait la lecture. J’étais à côté d’elle et elle me demanda de l’aider à choisir. Pour finir, elle choisit la poupée brune qui était habillée d’une robe noire et rouge qu’elle avait décidé nommer Charline.

    A vrai dire, cette poupée nous attirait ma cousine et moi. Je ne savais pas si c’était son habit noir et rouge qui retenait notre attention ou ses lèvres noires.

    Nous nous dirigeâmes vers la caisse où nous trouvions son père qui discutait avec le caissier.

    C’était un vieillard chauve, voûté, qui avait une voit troublée. Vêtu simplement, peu actif comme le caméléon, ses vêtements étaient sombres. Lorsque nous entrâmes à la maison, nous déposâmes les articles que nous avions achetés, ma cousine déposa sa nouvelle poupée sur son lit et nous repartîmes dîner au restaurant.

    La soirée se passa bien, on rigola, on s’amusa et quelques heures plus tard nous rentrâmes à la maison et nous trouvâmes la télévision allumée, des pièces de la maison éclairées et saccagées comme si quelqu’un était à la recherche de quelque chose. Mon oncle pensa que des cambrioleurs avaient squattés la maison, alors il décida d’appeler la police. Les policiers vinrent, fouillèrent la maison pour essayer de trouver des indices car, on aurait dit que le cambrioleur venait de l’intérieur.

    Deux heures plus tard, nous étions en train de ranger tout le désordre lorsque le téléphone sonna ! Mon oncle répondit. Il fut bref au téléphone. Ensuite il m’appela ainsi que ma cousine ma cousine pour nous annoncer que notre grand-mère allait nous rendre une visite.

    Le lendemain, ma cousine et moi étions en train de jouer lorsque tout à coup, on entendit une voiture arriver : c’était grand-mère.

    Lorsqu’elle descendit de sa voiture, elle avait les bras pleins de cadeaux qui nous étaient destinés. On courut vers elle en disant :

    " Bonjour grand-mère ! Bonjour mamie ! "

    Elle était si heureuse qu’elle nous répondit en souriant :

    " - Bonjour mes petits enfants ! Je suis très contente de vous voir ! Qu’est ce que tu as dans la main Caroline ? Questionna grand-mère.

    - C’est ma nouvelle poupée Mamie.

    - Et toi Sylvain tes vacances se passent-elles bien chez ton oncle ?

    - Oui Mamie tout se passe à merveille ! "

    Après le dîner, ma cousine montra à notre grand-mère la poupée que son père lui avait achetée. Lorsqu’elle la vit, elle se mit à nous raconter une histoire que des gens de son village racontaient à l’époque de son adolescence. Ils disaient qu’il existait, quelque part sur Terre, une poupée maléfique avec des lèvres noires, qui existait en un unique exemplaire, et que toute personne la possédant aurait des membres de sa famille qui mouraient subitement.

    Après cette histoire à dormir debout, tout le monde partit se coucher. Le lendemain, notre grand-mère partit en voiture sans prévenir personne. Mon oncle et ma cousine ne crurent pas en l’histoire de grand-mère. Mon oncle disait :

    " - Les histoires surnaturelles sont des histoires montées de toutes pièces par des individus qui ne savent que faire de leur temps libre ou par des individus qui ont une imagination fertile. "

    Les jours passèrent, ma cousine s’occupa toujours aussi bien de sa poupée, malgré les avertissements que notre grand-mère nous avait fait parvenir en racontant son histoire et les faits étranges qui s’étaient produits.

    Un beau jour, ma cousine entendit une musique envoûtante pendant son sommeil. De peur, elle alla dans la chambre de son papa, lui raconta ce qui venait de se produire et elle lui demanda si elle pouvait dormir avec lui. Son père pensait qu’elle avait fait un cauchemar, et lui dit que si elle le voulait, elle pouvait dormir avec lui.

    Elle resta avec son père et s’endormit.

    Une semaine plus tard, mon oncle, à son tour entendit quelque chose. Cette fois si c’était différent : c’était une voix d’enfant. Au début, il pensait que c’était Caroline mais elle était à l’école. La voix semblait venir du canapé, qui n’était pas loin du fauteuil dans lequel mon oncle se trouvait alors.

    La voix disait :

    " Si tu ne m’aimes pas tu périras. "

    Mon oncle alla voir d’où cela provenait et ne vit que la poupée de Caroline, allongée, les yeux grands ouverts avec un petit sourire. Mon oncle se posait des questions. Il était effrayé, tremblait et ne savait que faire. Il se sentait fatigué et alla se coucher.

    Une heure plus tard, il me prévint qu’il allait dans le garage pour le ranger et le nettoyer ; je me proposais de l’aider. A notre arrivée, nous vîmes la poupée posée sur le capot de la voiture.

    Mon oncle me demanda si c’était moi qui l’avais posée là et je lui répondis que depuis mon arrivée, je n’avais pas mis les pieds dans le garage.

    Mon oncle se demanda qui avait pu la déposer et s’évanouit.

    Quinze minutes après mon appel, une ambulance arriva. Les médecins me dirent qu’il devait rester une semaine à l’hôpital. La semaine passa rapidement et mon oncle revint à la maison. Plus le temps s’écoulait, plus des phénomènes étranges se produisaient.

    Mon oncle commençait à se douter de quelque chose, jusqu’au jour où il reçut un appel. La personne qui l’avait appelé l’avertit en lui disant :

    " Faites attention ! Elle détruit les familles qui la possèdent, elle tue ceux qui ne l’aiment pas et apporte le malheur. "

    Mon oncle n’eut pas le temps de lui demander son nom que cette personne avait déjà raccroché. Trois jours plus tard, il décida de faire le point sur le nombre de phénomènes étranges qui s’étaient produits ces dernières semaines. Là, il était sûr qu’il se passait quelque chose d’étrange dans cette maison. Il se demanda d’où pouvait provenir ce malheur.

    Le lendemain, l’hôpital de St. Frank appela mon oncle pour lui annoncer que sa sœur venait de décéder dans un accident de voiture. Cinq jours après, ma cousine se rendit chez notre grand-mère avec sa poupée. Le lendemain la grand-mère fut retrouvée morte, poignardée, ficelée de partout. La police trouva des traces de main d’enfant sur le couteau. Caroline avait assisté à la mort de sa grand-mère.

    La police accusa Caroline car il n’y avait aucune trace d’effraction et aussi à cause des traces de doigts sur le couteau. Elle fut vite innocentée car ce n’était pas ses empreintes. Le lendemain matin, Caroline vint me voir et m’avoua avoir assisté à la mort de sa grand-mère mais n’avait pu voir le meurtrier. Elle me raconta le déroulement du meurtre :

    " En allant me servir à boire à la cuisine, j’entendis des bruits et ensuite des hurlements qui disaient au secours, à l’aide. Alors de peur, je me suis cachée derrière la porte, et j’ai regardé par la serrure. Je vis notre grand-mère allongée par terre enroulée de ficelles de cuisine et les yeux bandés, elle avait le bras plein de sang, je vis une lame de couteau lui rentrer dans le ventre puis dans la tête. "

    Après m’avoir raconté son histoire, elle me fit promettre de ne rien révéler. Tout le monde était triste lorsque tout à coup, j’entendis des cris et des hurlements dans l’escalier. Je m’y rendis et aperçut Stéphanie la servante, les yeux bandés, ligotée et poignardée de toutes parts.

    A l’arrivée de la police, ma cousine se décida à tout raconter sur la mort de sa grand-mère.

    Vu les circonstances identiques des trois meurtres, les policiers en conclurent que le coupable n’était qu’une seule et même personne. Les policiers partirent. Nous allâmes tous nous coucher en nous enfermant dans nos chambres. Le lendemain matin, ma cousine et moi allâmes déjeuner, et contrairement à d’habitude, nous ne vîmes pas le père de Caroline à table pour le déjeuner. Nous décidâmes d’aller le chercher dans sa chambre. Arrivés devant la porte, nous essayâmes d’entrer mais la porte était verrouillée alors nous allâmes chercher le double des clefs.

    Une fois entrés dans la chambre, on ne vit personne, lorsque tout à coup, le placard s’ouvrit et le père de Caroline en tomba. Il était ligoté, la bouche scotchée : il avait été poignardé de partout, comme la grand-mère et la servante de Caroline. Depuis que Caroline vit son père gisant sur le sol dans une mare de sang, elle devint folle et dut être hospitalisée dans un asile.

    Le lendemain je repartis chez moi et quelques mois plus tard, j’appris que ma cousine s’était enfuie de l’asile et qu’elle avait été retrouvée morte. Charline fut retrouvée assise à côté d’un cadavre, avec dans la main, un poignard ensanglanté. "

    Et voilà, mon histoire se termine là !

     
     
     
     
    D'abord je sentis comme un picotement du côté de ma cuisse droite. Ensuite, une forte douleur me fit me tordre en deux. J'étais très fatigué, j'avais soif, et un soleil brûlant m'aveuglait. Des mouches et des guèpes bourdonnaient autour de moi, je ne pouvais plus faire un geste, et tous mes sens étaient troublés.
    Je ne pourrais dire si j'étais debout ou couché lorsque cela m'arriva, mais je me souviens très bien que je fus traîné sur le sol d'une façon assez soudaine sans pouvoir opposer la moindre résistance. Mon coeur battait très fort dans ma poitrine et jusque dans mes tempes. J'étais balancé dans tous les sens, et parfois j'avais l'impression que quelqu'un soulevait mon corps. J'avais l'estomac vide, mais mon ventre gargouillait. Bientôt, j'eus envie de vomir.
    J'aurais dû éprouver une très grande peur, mais je me rendais tellement peu compte de ce qui m'arrivait, et les choses allaient tellement vite, que je ne ressentais qu'une angoisse indistincte dont je ne parvenais pas encore à déterminer la cause. Un certain nombre de pensées assez confuses se bousculaient dans ma tête. Je voyais notamment l'image d'une femme que je ne connaissais pas. Elle était belle, mais semblait très triste. Je n'arrivais pas à me souvenir si j'étais marié. Je voyais aussi des images d'endroits qui m'avaient sans doute été familiers, mais tout restait vague. J'avais l'impression qu'une voix inconnue me disait que cette fois j'avais tout perdu, et que je ne me relèverais pas. J'étais couvert de sueur, de sang, et de poussière. J'entendais des bruits d'armes qui s'entrechoquent, et des cris parmi lesquels je ne distinguais que quelques bribes de paroles.
    Soudain, les douleurs devinrent plus vives. Je sentis quelque chose pénétrer dans mon ventre, et un frisson glacé traversa mon corps des tempes à la pointe des pieds. J'ai dû beaucoup crier, mais je ne m'en souviens pas. Je me sentais faiblir. Une odeur de chait ouverte me montait dans les narines, j'étais sur le point de suffoquer et de perdre connaissance. Je savais qu'il n'y avait plus rien à espérer, et je me laissais faire. Je sentais un étrange souffle sur ma peau nue.
    Tout d'un coup, je me souvins que j'étais gladiateur, et qu'un tigre était occupé à me dévorer."
     
     
     

     
     
     

    De Mélissa
    La bague maléfique
    Un jour, des jeunes mariés partirent en voyage de noces. Ils étaient sur la route quand soudain ils tombèrent en panne devant un beau château.
    Une vielle dame arriva et elle leur dit :
    "Venez passer la nuit au château pendant que nous pourrons réparer votre voiture et vous pourrez repartir demain.
    Donc, le soir venu, pendant le dîner la jeune mariée remarquai la belle bague que la vielle dame avait au doigt. La jeune fille la trouvait tellement belle qu'elle la voulait.
    Donc pendant la nuit elle alla dans la chambre de la vielle dame. Celle-ci dormait dans un sommeil profond et n'entendait rien
    La jeune fille essaya de lui retirer la bague mais rien à faire elle était coincée.
    C'est a ce moment-là que la jeune fille vit un couteau sur la table de chevet de la vieille dame, elle le prit, et coupa le doigt de la dame. La vielle dame ne sentit rien et ne se réveilla pas alors la jeune fille
    effrayée partit en courant.
    Le lendemain, en partant les jeunes mariés saluèrent tout le monde mais ils ne virent pas la vielle dame.
    Quelques jours plus tard dans la soirée la jeune fille était toute seule chez elle en train de regarder la télévision, quand elle entendit un bruit dans le grenier. Tout d'abord elle pensa que c'était les rats mais elle entendit une deuxième fois le bruit. Elle décida de monter.
    Arrivée en haut elle inspecta le grenier mais il n'y avait rien.
    Mais au moment ou elle se retourna elle vit la vielle dame qui disait " je veux mon doigt, je veux mon doigt >>
    On ne connaît pas la suite de l'histoire et on n'a jamais plus entendu parler de la jeune fille … on n'a d'ailleurs jamais entendu parler de la vieille dame non plus … mais si un jour vous croisez dans un château une vieille dame avec 6 doigts avec des bagues magnifiques, n'essayez pas de lui couper un doigt pour récupérer une bague … d'ailleurs qui sait si la vieille dame n'a pas aujourd'hui 7, voire 8 doigts ….

     
     
     
     le livre de votre vie

    C'est l'histoire d'un jeune couple qui venait d'aménager dans un vieux manoir sombre. La première nuit, la jeune femme ne se sentait pas rassurée; malgré tout ce que lui disait son mari pour la rassurer, elle n'arrivait pas à dormir. Afin de se changer les idées, elle décida d'aller dans la bibliothèque et de lire un peu. Elle prit un livre au hasard. Il n'y avait que des images.
    Sur la 1ere image, elle vit une femme qui lui ressemblait, dans une bibliothèque, avec un livre dans les mains; mais elle n'y fit pas attention.
    A la 2e page, elle vit la même femme mais derrière celle-ci, la porte de la bibliothèque s'ouvrait; elle se retourna, la porte était fermée.
    Sur la 3e page, la porte était grande ouverte et un homme sans visage était entré; elle regarda par dessus son épaule, il n'y avait rien, elle alla fermer la porte à clef.
    Elle regarda la dernière page du livre, l'homme était juste derrière elle, le bras levé tenant un couteau...
    Le lendemain matin, le mari se réveilla et ne trouva pas son épouse, il l'appela et se décida à aller voir dans la bibliothèque. Il trouva la porte fermée, il frappa mais rien. Inquiété, il enfonça la porte et trouva ... sa
    femme poignardée...

     

     

     

     

     
     
     

    ll était une fois, dans un pays où les hivers sont beaux comme dans les contes de fées, un enfant musicien. Il avait de toutes petites mains, mais il jouait si bien que tous les princes et les seigneurs de la ville l'invitaient dans leurs salons pour l'entendre jouer du violon.


    Quand il jouait, les oiseaux s'arrêtaient de chanter, la neige de tomber, les enfants de se disputer, les grincheux de ronchonner. Et, quand il achevait son morceau, tous ceux qui l'avaient écouté étaient joyeux comme si plus rien d'ennuyeux ne pouvait exister au monde. Dans cette même ville, vivait un riche seigneur qui habitait un palais hanté par des créatures étranges : des fantômes qui, chaque nuit, venaient danser dans son salon, et faisaient tant de bruit que le pauvre homme ne pouvait plus dormir, et que tous ses amis, effrayés, ne venaient plus lui rendre visite.
    Il se sentait donc seul et abandonné dans son beau palais hanté.


    Un jour, il entendit parler de l'enfant musicien qui effaçait les ennuis sur son chemin et il lui écrivit une lettre en forme de poème :
    "S'il te plaît, petit garçon, viens jouer dans ma maison, pour chasser les cent démons qui dansent dans mon salon".
    Après avoir lu cette lettre, l'enfant saisit son violon et, malgré le froid et la neige qui régnaient à ce moment là sur la ville, se mit à chercher cet étrange palais hanté.


    Il marcha toute la journée, dans toutes les ruelles. Il se trompa bien des fois de porte. On lui indiqua bien souvent le mauvais chemin. Mais il finit tout de même par arriver chez le seigneur à la tombée de la nuit.
    Le seigneur l'installa dans une chambre confortable où flambait un grand feu, et lui dit :
    - Je te remercie d'être venu ! A présent, repose-toi un peu... Mais tu verras : les fantômes font un tel charivari que je serais bien surpris si tu arrivais à fermer l'œil de la nuit.


    Le petit garçon se coucha et, comme il était très fatigué de sa longue marche, il s'endormit profondément. Au milieu de la nuit, un épouvantable bruit le réveilla. Le seigneur n'avait pas menti : c'était un vrai charivari ! Alors l'enfant se leva, pris son violon et descendit au salon...
    Quand il fut en bas, il ne put en croire ses yeux : des dizaines de fantômes dansaient, couraient, faisaient des sauts et des cabrioles sur les tapis et sur les meubles. Mais il piétinait sans musique en chantant de leur voix grinçante.
    Tout cela donnait un bal étrange, plein de cris, de ricanements, de gloussements, de craquements...
    Le petit garçon eut alors une idée. Pour obtenir le silence, il frappa de son archet le manche de son violon et cria :
    - qu'est-ce qu'un bal sans musique ? Qu'est ce que c'est que cette chanson sans violon ? Si vous voulez vous amuser, vous feriez mieux de m'écouter...

    Tous les fantômes se regardèrent d'un air étonné. Puis ils se mirent à parler tout ensemble pour savoir ce qu'ils devaient décider. Ils tinrent conseil un long moment et, à la fin, ils déclarèrent :
    - montre-nous ce que tu sais faire !
    L'enfant musicien installa son violon sous son menton, et se mit à jouer une danse entraînante. Mais les fantômes refusèrent de bouger. Ils dirent en traînant les pieds :
    - pour danser cette danse effrénée, il nous faudrait reprendre des forces, et nous n'avons rien à manger !
    Aussitôt, le petit garçon alla frapper à la porte de la chambre du seigneur. Celui-ci apparut en baillant :
    - encore ce charivari ?
    Mais le petit garçon expliqua :
    - il faudrait donner à manger à ces drôles d'invités !
    Le seigneur se fit un peu prier, car il n'avait plus de serviteurs, ni de cuisiniers. Ils s'étaient tous enfuis, l'un après l'autre, nuit après nuit... Malgré tout, il obéit. Il fit cuire de grands rôtis, des légumes, des pâtes et du riz. Il fit même de grands gâteaux aux noix et aux pruneaux. Enfin, il servit tout cela aux fantômes, avec toutes sortes de bons sirops.

    Quand ceux-ci se furent bien régalés, le petit garçon recommença à jouer. Mais ils avaient trop mangé, et se sentaient trop lourds pour danser.
    - joue-nous donc une berceuse, dit l'un d'entre eux.
    L'enfant joua alors un air très doux, et les fantômes s'endormirent. Le seigneur n'était pas content. Il s'écria
    - ils vont s'installer chez moi encore plus confortablement qu'autrefois !
    D'un geste, le petit garçon lui fit signe de se taire. Il laissa les petits monstres ronfler encore un moment, puis il reprit son violon, et joua à nouveau un air très entraînant. Les fantômes se réveillèrent en sursaut. Irrésistiblement entraînés, ils formèrent une farandole dans tous les couloirs du palais...
    - ouvrez la porte qui donne sur le jardin !

     
     

    Chapitre 1
    31 octobre.
    Halloween.
    L'aboiement féroce d'un chien me réveille brutalement.
    Il se rapproche. Je l'entends mais ne le vois pas. Il doit être puissant, très puissant.
    En fait, je l'avoue, j'ai peur.
    Le jour se lève. Le froid matinal de l'automne est humide. Je suis frigorifié, je me sens raide.
    L'aboiement se rapproche, s'arrête et puis plus rien … Je respire.
    Les arbres bruissent doucement. Au loin, le clapotis du ruisseau qui traverse le parc me rassure .
    Ce soir, c'est Halloween.
    J'aime Halloween, ses odeurs de friandises, ses cris d'enfants, des cris de joie, des cris de terreur, des bagarres pour un sachet de bonbons, pour un déguisement !
    Mais ce que je hais le jour d'Halloween, ce sont ces grands oiseaux noirs, corbeaux ou corneilles, je les confonds. Ils portent malheur. Une légende veut que si une plume d'un tel oiseau tombe entre vos deux yeux, le malheur est sur vous …
    Il fait jour. Le soleil se devine dans la brume matinale. Il fait froid et humide.
    Un corbeau croasse au dessus de ma tête..
    Il perd une plume qui tombe, tombe, tombe … entre mes deux yeux …
    Malheur !

    Chapitre 2
    Malheur !
    La plume noire du corbeau est à mes pieds.
    Curieusement, sa hampe est tournée vers moi, accusatrice.
    Je la fixe. Elle me fixe. Le temps est long. Que me veut-elle ? Que me dit-elle ?
    Une brise légère se lève et emporte la plume de malheur. Je suis soulagé. Mais que va-t-il m'arriver en ce jour d'Halloween... ? Que voulait me dire la plume ?
    Le jour d'Halloween, ma plus grande joie est de faire plaisir aux enfants. Ils me le rendent bien. J'en oublierai les prédictions noires de cet oiseau de malheur.
    Brutalement, une sirène de police troue le silence, derrière moi à gauche. Puis une autre sirène, puis une troisième. Les voitures sont rapides. Pourvu qu'il n'y ait pas d'accident. Les accidents du jour d'Halloween sont de mauvais présages.
    Crissement de pneus, derrière moi à gauche puis plus rien. Il faut attendre les nouvelles.
    Un homme promène son chien, téléphone à l'oreille.
    Une femme promène son chien, téléphone à l'oreille.
    Un enfant promène son chien, téléphone à l'oreille.
    En réalité, en cette heure matinale, le parc est envahi de chiens accompagnés de leurs maîtres. Je crois que tous les maîtres téléphonent, tous les chiens pissent. Un chien s'approche de moi...
    Avoir les pieds mouillés le jour d'Halloween, ah ça : non !
    Un petit vent me ramène la plume de malheur, toujours pointée vers moi, accusatrice. Décidément, que me veut-elle ?

    Chapitre 3
    Le chien passe indifférent.
    Devant moi, la voiture de pompiers s'ébranle. Sans bruit.
    C'est bien. Je n'aime pas les hurlements des sirènes de pompiers le jour d'Halloween. C'est mauvais signe.
    A mes pieds la plume a disparu. Je respire, le nez au vent, les yeux fermés. L'air est frais bien que un peu humide. Cela fait du bien.
    Un rouage crisse de manière régulière. Ce bruit m'est familier. C'est comme un ronronnement qui me fait tout oublier. Aujourd'hui c'est Halloween, je verrai des enfants tard dans la nuit. Leurs cris me feront du bien.
    Le crissement s'est arrêté.
    La plume est à mes pieds, sa hampe pointée vers moi. Encore ? ! Que me veut-elle ?
    Réfléchissons. Qui dit corbeau, dit sorcière, qui dit sorcière dit chat noir…
    Je regarde autour de moi. Rien.
    Ou plutôt si : deux yeux me fixent, là-bas, dans les buissons. Des yeux de chat. L'animal s'avance d'un pas, d'un pas de chat donc d'un petit pas silencieux et félin.
    C'est un chat noir !
    Malheur !
    Il étire ses pattes de devant. Miaule. Recule d'un pas. Disparaît dans le buisson. Silencieusement. Et me fixe.
    Il me revient à l'esprit cette histoire horrible où, la nuit d'Halloween, un chat noir avait consciencieusement déchiré tous les rideaux du magnifique château de Hamspotshire, dans le nord de l'Irlande, un château de 56 pièces. Le chat noir s'étirait avant de se lancer sur chaque rideau…
    Je fixe le chat. Le chat me fixe.
    On est le 31 octobre. Ce soir c'est Halloween !
    Ce chat me fait peur.
    Ou est la sorcière ?

    Chapitre 4.
    Je fixe le chat noir, il me fixe.
    La plume de malheur est à mes pieds, hampe pointée vers moi, accusatrice.
    Il ne manque que la sorcière.
    Bon sang, mais c'est bien sûr. Sur ce banc, là, à gauche du chat, cette femme en noire avec ses bas déchirés, son tablier gris moucheté sous son imper noir, son chapeau noir à larges bords. Je sens son regard sur moi. Un regard lourd, pesant. Elle ne bouge pas, immobile, comme prête à bondir !
    Et derrière elle ? La preuve que c'est une sorcière ! Un balai est posé contre le tronc de l'arbre ! Un vrai balai de sorcière, un balai fait de branchages et au manche long, très long.
    Tous ces signes sont contre moi ! Quel horrible Halloween en perspective !
    Soudain des cris d'enfants ! Il sont au moins 15 ! J'ai peur pour eux ! La sorcière semble si forte, si concentrée ! Son chat noir est là prêt à bondir, à déchirer les vêtements des enfants. Je devine son corbeau, perché sur une branche qui observe tout cela de haut.
    Je voudrais crier, crier pour faire éloigner les enfants, les faire s'échapper des terribles griffes de la sorcière ! J'ai le sang glacé, terrorisé, tétanisé.
    Jamais, au grand jamais, on ne laisse des enfants en présence d'une sorcière le jour d'Halloween.
    Et moi immobile, figé, par la sorcière, le chat noir, le corbeau … et aujourd'hui, c'est Halloween !

    Chapitre 5.
    Les enfants sont trop nombreux.
    Ils me rendent tout l'amour que je peux leur donner aujourd'hui, jour d'Halloween !
    Celui-ci m'arrache l'oreille, celui-là me mets les doigts dans les yeux, ce troisième et ce quatrième s'attachent à mes jambes, quant au cinquième, il me serre la bouche.
    Ils me couvrent, n'embrassent, m'enlacent, me chevauchent, m'aiment !
    Comment est-ce possible !
    Ils sont si joyeux et pourtant si vulnérables ! Si inconscients !
    Comment leur dire qu'une sorcière attend son heure, là, à deux pas ! Accompagnée de son chat et de l'un des ses corbeaux ! Tiens, la plume de malheur n'est plus à mes pieds ?
    Les femmes qui accompagnent les enfants sont plus loin, là-bas, de l'autre côté, discutant entre elles et les surveillant de œil.
    La sorcière ne bouge pas, prête à bondir, à jeter ses sorts de malheur.
    Les accompagnatrices des enfants mettent de l'ordre.
    J'entends le crissement familier.
    Un cheval ne fait que passer.
    Son cavalier est fier.
    Je suis perdu dans mes pensées.
    Un liquide coule sur mes yeux.
    Un liquide rouge.
    Du sang !

    Chapitre 6.
    Le crissement familier reprend sous les cris joyeux des enfants.
    Je sens un doigt humide entre mes yeux qui lèche le sang rouge et frais. La main sort d'un vêtement noir !
    Dracula ! C'est Dracula !
    Et si je lui disais d'attaquer la sorcière ? Il la mordrait et la tuerait avant qu'elle n'ait eu le temps de sortir son ail et sa croix !
    Le crissement s'arrête. L'enfant descend de mon dos.
    " C'est fini " crie l'une des accompagnatrices.
    " Moi je veux un autre tour " crie un enfant, " je veux remonter sur le cochon rose qui monte et qui descend. Ma glace à la fraise est tombée j'en veux une autre ! ".
    " Non, Steve, c'est fini ! Il faut rentrer et se préparer à Halloween. Viens mon petit Dracula mignon ! ".
    Les enfants s'éloignent. La voiture de pompiers n'a plus de conducteur, le cheval plus de cavalier.
    Le balayeur a repris son balais.
    La vieille dame en noir, se lève lourdement de son banc, comme endormie, reprend son sac d'ou dépassent les poireaux et menace le chat noir qui s'éloigne fièrement en sens inverse, la queue bien dressée et le pas hautain.
    D'autres enfants s'approchent, à chacun son tour…
    Et moi, le petit cochon rose du manège, je suis tout fière d'être comme un cheval qui saute l'obstacle, pattes tendues devant et derrière, je monte et descends en entendant le crissement familier du manège.
    Ce soir c'est Halloween … et j'adore me faire peur…

    Et vous aviez trouvé   

     

     

     

     

    Me voilà de retour à la maison après de palpitantes vacances en Belgique au château de Monsieur GUILLAUME, le grand-père du sympathique Antoine. Assis à mon bureau, un crayon à la main, une feuille blanche devant moi, je me demande si je dois raconter cette histoire ou me taire. Très peu de personnes la connaissent. Après mûre réflexion, je vais vous la raconter.
    Je me prénomme Christian, j’ai 26 ans et je viens de terminer mes études d’archéologie dans la meilleure école du pays. J’ai passé mes vacances d’été chez monsieur GUILLAUME, le grand-père de mon meilleur ami Antoine. C’est un jeune archéologue âgé de 26 ans comme moi, de taille moyenne, mince, le visage reposé, avec des yeux verts. Il était sympathique, vivace, optimiste, gentil et un peu simple d’esprit.

    La restauration du château où habite Monsieur Guillaume fut faite il y a 15 ans. C’est une magnifique bâtisse avec un jardin superbement fleuri. Lorsque nous sommes descendus de la voiture, un vent violent a soufflé ; la porte s’est ouverte et nous sommes entrés. Le grand-père d’ Antoine vint nous accueillir, un large sourire aux lèvres. C’est un homme de taille moyenne d’environ 65 ans, les cheveux grisonnant coupés courts, l’aspect très soigné, l’air aimable, la physionomie ouverte.

    " - Avez-vous fait bon voyage jeunes gens, nous questionna-il ?

    Oui, très agréable, lui répondis-je.
    George, conduisez mes invités à leur chambres, ordonna-t-il à son majordome.
    Oui monsieur. Par ici, je vous prie, nous dit ce dernier."
    Nous le suivîmes dans un couloir où il y avait environ 18 chambres. La mienne était simple et agréable. Elle me convenait avec son grand lit et ses beaux rideaux. C’était la première fois qu’ Antoine venait au château. Il fut charmé par la sienne et par ses tableaux. Voici ce qu’il me raconta au dîner : "J’ouvre la porte d’une grande et superbe chambre aux murs d’un blanc éclatant avec un immense lit et un grand et beau tableau représentant une jeune et jolie femme. Au moment où j’ai posé mes yeux sur cette peinture, j’ai été comme hypnotisé par ce visage. Elle me fixait de ses grands yeux noirs et j’avoue que j’ai eu très peur."

    "Le dîner est servi monsieur" me prévient le majordome. Je ne l’entendis pas fermer la porte derrière lui, tant j’étais captivé par elle. "

    Nous avons dîné tranquillement, pris le café au salon et discuté de tout et de rien. Et, chacun a regagné sa chambre. Tout était calme, pourtant je n’arrivais pas à dormir.

    Le lendemain, je me réveillai de bonne heure. Quant à Antoine, plus heureux que jamais, il sautait dans les escaliers, un large sourire aux lèvres. Après un délicieux petit déjeuner, Antoine et moi sommes allés découvrir la ville avec la voiture. Au retour, il était déjà midi. Il fut servi un copieux repas. Puis, je me retirai pour aller me reposer. Je me réveillais quand Antoine entra dans ma chambre.

    " - Alors champion, on fait le paresseux aujourd’hui ? se moqua-t-il.

    - Arrête, coquin, lui répondis-je.

    - Allez, allez debout, on va se promener, prendre l’air, cela te fera du bien.

    - D’accord, je viens ."

    Nous descendîmes et sortîmes dans le jardin. Il était très vert et très beau. Après trente minutes de marche, Antoine me proposa de faire des fouilles archéologiques au château à la recherche d’éventuels vestiges du passé. J’allais lui dire oui, mais ces mots à peines prononcés, un vieil homme surgi du néant, était à nos côtés.

    Il nous dit : "Ne faites pas de fouilles archéologiques, si vous ne voulez pas qu’un malheur s’abatte sur vous et quittez ce château au plus tôt", nous lança-t-il avant de disparaître. Nous étions perplexes.

    Après la promenade et dès notre arrivée à la maison, Antoine se précipita dans le salon pour raconter l’incident à son grand-père.

    " - Qu’en penses-tu grand-père ? Dit-il après avoir terminé.

    Eh bien, je pense que cet homme que vous avez rencontré, vous a dit des sottises, répondit son grand-père avec un ton léger.
    Alors, allons-nous rester ici ?
    Bien sûr que oui. J’ai acheté cette maison assez cher, tu sais et je m’y plais."
    Après que Guillaume lui ait dit qu’il restait, Antoine monta dans sa chambre pour changer de vêtement ; quand il descendit, il tomba dans l’escalier et se fit une égratignure.

    Au dîner, en coupant son steak, la fourchette du grand-père de mon ami lui glissa des doigts et se planta dans son avant-bras, lui arrachant ainsi un horrible cri. Antoine était épouvanté à la vue de la fourchette enfoncée dans le bras de son grand-père ; il se précipita pour l’enlever. Quand j’entrai dans la pièce, je fus horrifié par ce spectacle. A l’arrivée du médecin, je m’éclipsai et allai me détendre en réparant la vieille voiture de Monsieur Guillaume.

    Je mis mes mains sur le rebord du capot, et tout à coup, le capot de la voiture tomba sur ma main. Je fus quelques instant pétrifié, paralysé par la peur, puis je poussai un cri strident. A ce bruit, Antoine, son grand-père et Judith accoururent. Monsieur Guillaume et mon meilleur ami me portèrent dans la maison et appelèrent un docteur d’urgence. Celui-ci vint très vite et me banda la main après m’avoir donné les soins nécessaires.

    Le dîner se déroula calmement. Après avoir bu du café, nous sommes montés nous coucher. Vers sept heures, en se réveillant, Antoine entendit le gazouillis des oiseaux et un large sourire éclaira son visage ; il se leva et se pétrifia à la vue de cet avertissement : "Si tu ne pars pas, prends garde à toi", écrit avec du sang et accompagné d’un dessin représentant un jeune homme avec un couteau dans le ventre. De ma chambre, j’entendis un cri terrifiant. Je bondis hors de la pièce et je vis tout le monde se précipiter vers la chambre d’ Antoine ; j’y entrai à mon tour et le vis les yeux grands ouverts, la bouche bée, le visage d’une pâleur cadavérique. Quand je fus près de lui, il pointa son index en tremblant vers le mur qui était en face de lui. Je levai les yeux vers l’endroit indiqué et ne vis rien. Je pris monsieur Guillaume à l’écart et lui demandai des explications :

    "J’attendais de prendre le petit déjeuner quand un cri me parvint. Il semblait venir de l’étage ; alors je me suis précipité vers la chambre d’Antoine et le vis, dans l’état ou vous l’avez trouvé. Il m’a montré le mur qui était en face de lui et j’ai lu "Si tu ne pars pas, prends garde à toi" écrit avec du sang et à côté un dessin figurant un garçon avec un couteau dans le ventre. Mais peu de temps avant votre arrivée, tout a disparu et le mur est redevenu blanc comme neige, m’expliqua-t-il.

    Il faut le voir pour le croire ; je rejoins Antoine, excusez-moi. "
    J’entrai dans la chambre et le vis tout habillé, prêt à effectuer les fouilles. Je le priai de prendre son petit déjeuner et de réfléchir. Il ne voulut rien entendre et dévala l’escalier. Je le suivis. Quand il passa le seuil de la porte pour sortir, un pot de fleurs placé sur le rebord de la fenêtre d’une chambre à l’étage atterrit sur sa tête.

    Mon ami chancela et tomba. Nous le portâmes dans son lit et Judith lui prépara une tisane selon les conseils du médecin qui avait été appelé par monsieur Guillaume. Enfin, il s’endormit. A son réveil, l’intrépide jeune homme demanda un verre d’eau à Judith ; mais quand il voulut le prendre, celui-ci se déplaça tout seul, sorti du plateau, et se brisa au sol en mille morceaux. Ce fut la stupeur générale. Un frisson parcourut la salle. Antoine, les yeux écarquillés, le teint blême, tremblait des pieds à la tête. Je demandai à tous de nous laisser seuls. Tous ces évènements m’inquiétaient sérieusement. Lorsque Antoine reprit ses esprits et que tout le monde sortit de sa chambre, nous nous mîmes à parler, à réfléchir.

    "Récapitulons veux-tu ? D’abord, lorsque tu formulais l’idée de faire des fouilles archéologiques dans le château, un vieil homme nous approche et nous interdit d’en faire et de partir. Ton grand-père décide de ne pas partir et nous conseille de réaliser ton projet. Tu montes et quand tu descends, tu tombes et tu te fais une égratignure. Pendant ce temps, je réparais la voiture, j’ai mis ma main sur le bord de la voiture et le capot m’est tombé sur la main m’arrachant un cri épouvantable.

    Au dîner, ton grand-père s’enfonce sa fourchette dans le bras par accident. Ce matin tu as vu écrit avec… du sang sur ton mur, un avertissement. Après tu veux sortir et quand tu es sur le pas de la porte, un pot de fleurs te tombe sur la tête. Peu de temps après, tu veux prendre ton verre et ce dernier se déplace tout seul et tombe, dis-je.

    Conclusion ? me rétorqua-t-il.
    Et bien ! Il y a sans doute quelqu’un derrière tout ça. Ou peut-être bien quelque chose. De toute façon, une… chose est là, appelons les choses par leurs noms… la chose nous veut du mal, la chose nous en veut. Pourquoi ? Là réside le mystère.
    Tu as raison ; mais je me moque éperdument de tous ces évènements, pour le moins insolubles et qui ont toutefois une explication logique, répondit-il avec une certaine hauteur et fier de son courage
    Je crois que d’une certaine façon, tu as raison, mais il y a tout de même un mystère.
    Le seul mystère est : à quelle heure commencerons-nous les fouilles demain ?
    Mais tu ne peux tout de même pas nier l’existence …
    Le dîner est prêt, allons- y. je t’en prie Christian, n’en parle pas à grand-père, me supplia-t-il.
    C’est d’accord."
    Le dîner se passa normalement et la conversation roula sur la région, l’archéologie et les talents culinaires de Judith.

    Le jour suivant, je me réveillai en plein après-midi avec une douloureuse migraine. Je me rappelai que la veille, Antoine m’avait dit qu’il ferait des fouilles. Au même moment, j’entendis quelqu’un frapper. C’était mon hôte. Il ouvrit la porte et entra.

    " - Alors paresseux, me dit-il ; c’est maintenant que tu te réveilles ?

    Oui, répondis-je, j’ai terriblement mal à la tête.
    Je suis venu il y a une heure, et tu dormais comme un ange."
    Il nous servit une collation, ensuite me raconta sa journée.

    " - Devine ce que j’ai fait ce matin, commença-t-il.

    - Qu’as-tu fait ?

    - J’ai découvert un passage secret en inspectant les murs de ma chambre. J’y suis entré. Il faisait noir, mais heureusement, j’avais ma lampe de poche que j’emporte toujours ave moi. C’était une pièce sombre et sinistre qui comprenait de vieux livres écrits en ancien français. Elle était lugubre, avec des murs délabrés, couverts de toiles d’araignées, de poussière ; et j’y ai trouvé une statuette en or. Je te la montrerai tout à l’heure, après avoir terminé mon histoire.

    - Dépêche-toi, dis-je avec excitation. J’ai hâte de la voir.

    - La statuette illumina subitement la pièce sinistre. Elle est belle, fascinante, et si expressive qu’elle te donne la chair de poule. Ce n’est pas tout. Au moment où je me précipitais pour prendre une telle merveille, j’entendis un méchant ricanement qui semblait être celui de Judith.

    - Donc, tu veux dire que Judith était dans la même pièce que toi ?

    - Je n’en sais rien, mais j’ai cru entendre sa voix.

    - Je l’écoutais sans croire à son histoire. Cinq minutes plus tard, Antoine courut dans sa chambre et ramena une belle statuette en or massif qui n’avait rien de spécial si ce n’est sa beauté. Selon moi, elle devait dater de la fin du dix huitième siècle.

    Antoine lut sur mon visage que sa trouvaille me déplaisait. Sans raison, j’étais mal à l’aise. Alors, pour me rassurer, il dit :

    " - Je descends la montrer à grand-père, veux-tu venir avec moi ?

    - Non merci, répondis-je déçu. Je préfère rester au lit. "

    Il quitta ma chambre et je l’entendis descendre les marches de l’escalier.

    Quelques minutes plus tard, je descendis à mon tour. J’arrivai dans le salon au moment où le vieux monsieur Guillaume appelait Judith pour qu’elle lui serve du café. En arrivant, elle avait un sourire et son maître lui posa la question :

    "  - Aujourd’hui, c’est mon anniversaire monsieur, répondit-elle.

    Il fallait me le dire plus tôt ! s’exclama-t-il. Antoine, donne-moi cette merveille que tu as dans la main.
    Tiens, dit Antoine en lui donnant la statuette.
    Au fait, prends-la Judith, tu la mérites et je te souhaite un très joyeux anniversaire.
    Merci monsieur, répondit-elle avec joie.
    Attends Judith, dit Antoine, Grand-père, pourquoi lui donnes-tu mon trésor ?
    Je le lui donne en guise de cadeau d’anniversaire. Elle travaille pour moi depuis cinq ans.
    Oui, je le sais, répliqua-t-il agressivement. Mais cette statuette est à moi et il n’est pas question que tu la lui donnes !
    A ces mots, il courut vers elle et lui arracha sa figurine des mains. "
    Le soir  Antoine sortit en voiture pour se détendre et se changer les idées. Quelques temps plus tard, il revint et se précipita dans sa chambre et s’en enferma. Il en ressortit presque aussitôt, horrifié. Il vint me voir dans ma chambre. Je dormais et lui était affolé. Je me réveillai en sursaut après qu’il m’eut secoué comme un prunier. Mon ami me narra les événements avec confusion : "Je conduisais tranquillement la voiture quand soudain sortie de nulle part surgit devant moi, une jeune et jolie femme aux longs cheveux noirs d’ébène, avec de grands yeux noirs, un nez droit et fin, une bouche fine, un cou long et mince, vêtue d’une robe blanche. A sa vue, je fus obligé de freiner mais elle tomba. Alors, je descendis de la voiture, m’approchai de l’endroit où elle était tombée, mais je ne vis rien. Je fus pris de panique et rentrai à la maison.

    En ouvrant la porte de ma chambre, je la vis sur le mur ; c’était la jeune fille du tableau. Elle commença à me sourire et la peinture se mit à bouger dans tous les sens. Horrifié, je viens tout te raconter pour me sentir ainsi soulagé."

    Ma réaction fut tout à fait négative. Je lui dis qu’il avait des hallucinations, que c’étaient des illusions d’optique et qu’il devrait aller se coucher et demain tout serait oublié.

    Il descendit au salon, demanda à Judith de lui préparer un infusion. Il s’assit à la table à manger et but la tisane que la cuisinière lui avait préparée et se mit à s’arracher les cheveux et à les manger touffe par touffe. Il transpirait, il tremblait. Ses yeux étaient grands ouverts et son regard vide d’expression. Il marmonnait des mots incompréhensibles. Il était dans un autre monde, un monde à lui seul. Tout à coup, il entreprit de faire de grands gestes ; il semblait se défendre avec la dernière énergie contre cette chose qu’aucun d’entre nous ne voyait.. Puis il se calma brusquement et s’assoupit, à bout de force.

    Judith appela l’asile des malades mentaux pour qu’ils viennent le chercher.

    Je ne pouvais pas m’endormir après le départ d’Antoine. Toute la maison en était retournée. Peu de temps avant mon départ, je réclamai des explications à Judith car je savais qu’elle lui en voulait pour la statue.

    Elle me répondit franchement que si elle avait voulu faire du mal à Antoine, elle l’aurait empoisonné le jour même avec un poison qui ne l’aurait pas tué mais qui l’aurait rendu malade pendant une semaine.

    Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé et comment cela est arrivé.

     

     

                                                                                                    

     

     

                                     

      

    October 29

    j'ai un petit pingouin venez faire clic svp

     
     
     
             
    j'ai un tit pingouin il s'appelle Trifouille lol
     
    venez faire clic pour qu'il aie une belle et longue vie
     
     
    October 26

    Conte et légende du monde

     
     
           

    Peut-être avez vous déjà entendu des bruits sourds, près des ruisseaux, la nuit. Comme des coups de battoir sur le linge. Alors, passez votre chemin bonnes gens, et ne cherchez pas à savoir d'où vient ce bruit : se sont les lavandières de nuit.

    Guillo, c'est le bon à rien du village, paresseux du soir au matin. Il ne sait que boire, boire et chanter après avoir bu. Tout le monde le connaît à Tréhorenteuc.
    Ce soir là, Guillo a le vent en poupe. Il a passé toute la soirée au café du village et le voilà qui rentre chez lui, sous la pleine lune, en chantant à tue-tête. La nuit est trop douce pour prendre le raccourci par les prés, aussi prend-il la route qui monte vers Trébottu.


    Lorsqu'il arrive au petit pont sur le Rauco -le ruisseau qui descend le Val sans Retour- Guillo entend des bruits sourds, des battements, à sa gauche, près du moulin en ruine. Intrigué, il quitte la route et longe le ruisseau pendant un bon moment. Il se heurte sur les souches, il trébuche sur les pierres, et il patauge dans la boue.
    C'est là qu'il aperçoit deux femmes, vêtues de blanc, à genoux au bord du ruisseau. Elles lavent un grand drap et le frappent de leur battoir. Guillo, malgré l'ivresse, n'en croit pas ses yeux : est-ce une heure pour laver du linge en pleine forêt ? Peu importe, il fait demi-tour, mais alors qu'il repart, le voilà qui trébuche sur une grosse pierre et tombe dans le ruisseau. Les deux lavandières sursautent et se tournent vers lui.

    Mon Dieu, quels visages ! La lumière blafarde de la lune éclaire ces visages sans vie, aux traits durs et profonds ; leurs yeux sont noirs et vides. Guillo, térrifié, bondit hors de l'eau, mais il n'a pas le temps de fuir que l'une des femme lui crie :
    _ Approche ! Viens nous aider.
    L'homme, comme pétrifié, s'approche des lavandières en titubant. Impossible de fuir, la voix l'attire comme une guêpe sur une tartine de miel. Les femmes lui tendent alors le drap qu'elles ont lavé et qui ruisselle d'eau.
    _ Eh bien ! dit l'une d'elles, qu'attends-tu ? Aide nous à tordre ce drap.
    Sans réfléchir, embrumé par les vapeurs d'alcool, Guillo saisit l'extrémité du drap. A l'autre bout, les lavandières tordent le linge, mais lui ne bouge pas. Avec peine, il parvient quand même à dire :
    _ Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi lavez-vous ce drap en pleine nuit ?
    _ Nous lavons le linceul d'un homme qui doit mourir cette nuit. Si nous ne le faisons pas, le pauvre n'aura même pas un linceul pour son dernier voyage.
    Sur le coup, Guillo prend ça pour une plaisanterie et le voilà qui éclate de rire. Il est maintenant de tellement bonne humeur, qu'il se met à tordre le drap de son côté. Et il tord le drap en le tournant de gauche à droite.
    _ Malheur ! s'écria l'une des femmes. Il a tordu le drap dans le sens maléfique !
    _ Malheur ! Malheur ! répéta l'autre.

    Ces cris résonnent dans les arbres, réveillant tous les animaux de la forêt. Quand Guillo s'est un peu remis de sa frayeur, les lavandières ont disparu. Il s'imagine avoir rêvé, surtout avec tout ce qu'il a bu. Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son bras.
    Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se retourner. Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme grincement. C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des années.
    Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille tendue. Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par ici. Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole.

    La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau. Le cheval se penche pour se désaltérer. C'est alors qu'un personnage vêtu de noir s'approche de Guillo, un fouet à la main :
    _ Holà, l'homme ! crie-t-il. Je cherche un nommé Guillo, est-ce que tu l'aurais vu par hasard ?
    Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa tête va exploser. Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque :
    _ Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi Guillo ! Guillo de Tréhoranteuc.

    C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange personnage. Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnait : c'est l'Ankou, le Serviteur de la Mort. Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol.

    On raconte qu'à ce moment il y eut un ricannement qui se prolongea dans les arbres et sur la lande. Puis un grand bruit de branches brisées. On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la nuit. On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhoranteuc, depuis cette nuit-là.

    D'après les Contes populaires de toutes les Bretagne de J. Markale. Ed. Ouest-France  

     
     
     
     
     
     
    Le pauvre et le riche  

    IL y avait une fois un riche qui donnait depuis longtemps du travail à un pauvre.

    - Il faut que je te récompense de quelque chose, dit un jour le riche ; dis-moi ce que tu voudrais avoir.

    - Eh bien ! mon bon monsieur, si vous vouliez m'acheter une vaquette (une petite vache), cela m'arrangerait très bien.

    La vache fut achetée et donnée au pauvre. Trois jours après le riche va visiter ses clos. Il trouve le garçon du pauvre qui y faisait paître sa vache. Ne le voilà pas content.

    - Si j'ai donné une vache à ton père, lui dit-il, ce n'est pas pour que tu la fasses paître dans mes clos. Retire-toi et n'y reviens plus.

    Huit jours après, le riche retrouve encore la vache dans son clos, toujours gardée par le même petit garçon.

    - Cette fois, lui dit-il, je ne te ferai point de grâce. J'irai demain tuer ton père pour le punir de cette insolence.

    Le lendemain il alla, en effet, chez le pauvre, décidé à le tuer ; Mais le pauvre était rusé ; il avait tué son cochon, puis il avait barbouillé sa femme de sang et l'avait fait coucher dans son lit.

    Le riche, en entrant chez le pauvre, voit le sang répandu, le lit souillé de sang et la femme couchée dedans et immobile.

    - Tiens ! lui dit-il, tu as tué ta femme ?

    - Oui ; elle était si méchante que j'ai voulu la punir. Je l'ai tuée pour trois jours ; elle ressuscitera le quatrième.

    - Elle ressuscitera ? Ah bien ! je vais tuer la mienne pour trois jours aussi ; ça lui apprendra à me faire enrager.

    Il n'en fait ni une ni deux, il rentre chez lui et tue sa femme.

    Trois jours après, il revient chez le pauvre.

    - Tu m'as dit que tu avais tué ta femme pour trois jours, et je vois qu'en effet elle est ressuscitée. J'ai tué la mienne pour trois jours aussi et elle ne ressuscite pas.

    - C'est que vous ne vous y êtes pas bien pris. Qu'avez-vous fait pour la ressusciter ?

    - Rien. J'ai tâché de la réveiller, et elle ne bouge pas.

    - Ce n'est pas comme cela qu'il fallait faire. Pour moi, j'ai une corne tout exprès pour ça. J'ai soufflé avec au cul de ma femme. Elle se porte à merveille, comme vous voyez, et elle est corrigée.

    - Combien veux-tu me vendre ta corne ?

    - Cent écus.

    - Les voici ; donne-la moi.

    Le pauvre donne la corne. Le richard retourne chez lui et fait l'opération indiquée. La bonne femme continue à ne pas bouger.

    Désappointé, il retourne chez le pauvre et le trouve frappant à coups de fouet sur une marmite, qui bout à gros bouillons.

    - Qu'est-ce que tu fais là ?

    - Vous voyez, je fais bouillir ma marmite.

    - A coups de fouet ?

    - Oui. Quand on est pauvre, on économise autant qu'on peut.

    - Et ta marmite bout comme ça sans feu, sans bois ?

    - Vous voyez.

    - Et tu prends pour cela le premier fouet venu ?

    - Ah ! mais non. Il n'y a que le fouet que vous voyez qui ait cette vertu.

    - Combien veux-tu me le vendre, ton fouet ?

    - Il n'est pas à vendre. Cependant, si vous y tenez, je veux bien m'en défaire pour vous. Donnez-moi cent écus et je vous le cède.

    - Les voilà. Donne-moi ton fouet.

    Le riche s'applaudissait de son marché, qui allait lui permettre de faire de notables économies. Arrivé chez lui, il appelle ses domestiques et leur remet le fouet en guise de bois pour faire bouillir la marmite.

    Les domestiques fouettent, fouettent, la marmite ne bout pas.

    Le riche retourne chez le pauvre.

    - Ton fouet n'est bon à rien, lui dit-il. On a beau fouetter, fouetter la marmite, elle ne veut pas bouillir.

    - De quelle main a-t-on frappé ? demande le pauvre.

    - On a frappé de la main gauche.

    - Cela ne m'étonne pas que vous n'ayez pas réussi. Il fallait frapper de la main droite, sans quoi le fouet n'opère pas.

    Le riche retourne chez lui, appelle de nouveau ses domestiques et leur donne ses instructions. Ils frappent de la main droite à tour de bras. La marmite ne bout pas davantage.

    Le riche est furieux contre le pauvre, qui s'est moqué de lui et lui a extorqué son argent ; il veut le tuer. Il ordonne à ses domestiques d'aller le chercher et de l'enfermer dans la bergerie pour le noyer le lendemain.

    Les domestiques obéissent, et quand le berger revient le soir, il trouve le pauvre homme enfermé dans la bergerie.

    - Tiens ! qu'est-ce que tu fais là ? lui dit le berger.

    - Le riche m'a fait mettre ici. Il prétend que je dois être enfermé avec les moutons, parce que je ne sais pas mieux prier le bon Dieu que ces bêtes-là.

    - Moi, je sais très bien prier ; je prierai pour tous, pour mes bêtes et pour toi ; va-t-en.

    La pauvre s'en alla, mais pas tout seul. Pendant que le berger priait, il détourna tous les moutons. Il y avait une foire le lendemain, il alla les vendre et les vendit fort cher : trois francs le poil ! Avec l'argent qu'il en retira, il fit bâtir un beau château. Un jour que le riche était allé se promener de ce côté, il demanda pour qui on élevait ce beau château, à qui appartenait cette belle propriété.

    - A moi, monseigneur, dit le pauvre.

    - Qui aurait jamais cru que tu deviendrais si riche ?

    - Rappelez-vous ce que vous avez ordonné à vos domestiques de me faire.

    - J'avais ordonné de te jeter à l'eau.

    - Je suis allé où vous aviez ordonné de m'envoyer, et je suis devenu riche.

    - Vraiment ? Je voudrais bien aller au même endroit.

    - Il ne tient qu'à vous, monseigneur ; mettez-vous dans ce sac.

    Le riche se mit dans le sac, on jeta le sac à l'eau et, depuis lors, on n'a jamais revu le riche.

    Là-dessus, je bus une croûte, je mangeai une chopine et je m'en revins.

     

    conte recueilli par Jean Fleury

     
     
     
     
     
     
     
     

     

    Une légende canadienne

    Une misérable dont la légende a étouffé le nom et la honte, avait osé vendre au démon, en échange de déshonorantes passions, son âme immortelle, et ses éternelles félicités. L'esprit impur ne parut pas satisfait du marché; il voulut aussi posséder le corps de son infortunée victime. Abusant de sa puissance, son infernale malice la jeta sur le rocher qui ne présentait pas l'aspect triste d'aujourd'hui: on eut dit une émeraude flottant sur les ondes, étalant la verdeur des arbrisseaux et les teintes de ses fleurs. Mais sitôt que le pied maudit la vint toucher, les corolles se replièrent flétries, les arbrisseaux périrent desséchés!
    Depuis plusieurs semaines, semaines d'angoisse et d'épouvante, elle était là, cheveux épars, secouant des bras noircis, clamant plus fort que les vagues. Souvent dans l'exaltation et les crises de désespoir, la malheureuse se précipitait éperdue au milieu des flots, et les flots effrayés la remettaient soudain sur son rocher et s'enfuyaient d'horreur!
    La paroisse entière fut le témoin atterré de ces scènes lugubres; nul ne les pouvait envisager sans frémissement, et quelques-uns moururent de convulsions de terreur. Les mères défendaient aux enfants de regarder le rocher maudit et les grandes personnes se signaient à son aspect. Le saint Curé, lui, paraissait seul ne pas savoir le fait, ni s'en émouvoir; mais dans son intention, il suppliait le ciel qu'un si exemplaire châtiment vint enraciner au fond des cœurs la répulsion et la haine du vice ignominieux.
    Cependant, un jour, un groupe consterné accourut le conjurer de rendre la paix au village, en adjurant le diable de livrer sa victime et de retourner à son éternel supplice. Un instant le pasteur se recueille, lève au ciel des yeux calmes qui s'emplissent de larmes; puis joignant ses mains longues et décharnées: « J'y vais, mes enfants, dit-il; mais vous, priez, priez encore, priez toujours! » À ces mots il s'embarqua sur les vagues houleuses, guidant lui-même son esquif.
    Les paroissiens échelonnés en longue file sur la rive, le front dans le sable, récitaient avec ferveur les psaumes de la pénitence. En voyant approcher d'elle la barque, la malheureuse se prit à se tordre sur le roc, poussant des hurlements à faire peur et pitié à la fois. Le prêtre cependant avait laissé l'embarcation et, pieds nus, lentement gravissait le rocher, lorsque soudain il se voit en face du hideux personnage, à l'œil enflammé, à la respiration entrecoupée; une main se crispait dans sa chevelure humide, l'autre, d'un geste menaçant montrait les flots en courroux; la lutte allait s'engager entre l'ange de Dieu et Satan invisible.
    La peur circule à travers les rangs, au rivage. Par un de ces pressentiments qui lui sont habituels, le saint vieillard en est averti, et, se retournant vers ses fils, il trace un long signe de croix qui fait rugir la possédée mais rend aux enfants la confiance: ils se remettent à prier.
    Le prêtre aussitôt récite avec force les foudroyantes formules de l'exorcisme auxquelles le diable terrorisé se voit contraint d'obéir en maudissant. Cette fois, il se décide pourtant à la résistance, et une scène terrible se déroule sur le rocher qui tremble d'abord, puis bondit comme un vaisseau qui va sombrer; d'affreux hurlements échappent de tous les autres, et l'infortunée, se frappant la tête contre les pierres, vomit des propos d'enfer; quand tout à coup elle disparaît au sein des flots amoncelés. Aussitôt un énorme nuage voile le ciel de noir, le tonnerre roule les échos de sa grande voix, et les éclairs agitent dans les nues des épées de feu.
    Ô Dieu! venez à notre aide; Seigneur! hâtez-vous de nous secourir, criait la foule du rivage: Ô Christ, qui avez délivré Madeleine des sept démons qui tenaient son âme captive, écoutez ma prière, soupirait le blanc vieillard sur le rocher.
    L'heure est à l'angoisse commune, mais le ciel exauce les vœux. Dieu, par un prodige, vient fortifier l'espérance de son serviteur. Le roc, s'amollissant comme l'argile, garde l'empreinte de son pied droit, et, au même lieu, jaillit une source pure et intarissable.
    L'âme de l'apôtre, touchée d'une main invisible, se sent frémir et est inondée de douceur: Seigneur, vous lui ôterez son cœur de pierre pour lui en donner un qui soit docile; vous ouvrirez dans ses yeux la source des saintes larmes qui appellent le pardon, et son pied s'affermira dans vos voies.
    Aux accents de la prière la rosée descend des cieux. Soudain une vague écumante jette aux pieds du prêtre le corps de la jeune fille. A-t-elle péri? Non, non! Un frisson secoue les membres, les paupières s'ouvrent toutes grandes et le regard s'attache au bienfaiteur; quel regard! il se baigne d'une gratitude infinie! Heureuse, elle se relève vivement et murmure une prière de foi et d'amour. Tandis que le prêtre baisse sa haute stature, et que ses cheveux blancs ombragent comme un voile pudique la tête de la pécheresse, elle fait les aveux du repentir. Aux premières larmes qui jaillissent de ce cœur renouvelé, le ciel reprend ses teintes d'azur, le soleil déverse des gerbes lumineuses, et le rocher et les deux personnages paraissent, comme nimbés d'or: les anges voient la main du prêtre se poser pour effacer les dernières taches d'une honte qui n'est plus.
    Là-bas, sur la rive, les larmes coulaient réconfortantes. Et lorsque la lionne rugissante, devenue brebis docile, se mit à suivre pas à pas le pasteur, un long cri de triomphante admiration jaillissant de toutes les poitrines, alla expirer jusqu'au rocher.
    Un siècle a passé, et les paroissiens de l'Islet, sauvegardent de l'oubli, dans un souvenir fait de respect et d'admiration, la vie et l'œuvre du héros de ce drame. Sa mémoire survit dans l'appellation du rocher qu'ils vous montrent: le Rocher Panet.
    Ô prodige! l'oeil du touriste aperçoit encore la mystérieuse empreinte; sa main puise à la source qui n'a pas tari: est-ce une attestation d'en haut en faveur du saint Curé? Si la foi antique semble trop crédule, n'est-elle pas la sève qui alimente dans les foyers chrétiens, la simplicité des mœurs pures, la verdeur des pratiques religieuses, la floraison des vertus, la maturité des oeuvres charitables? Que Dieu protège et développe une foi vigoureuse dans ces âmes chrétiennes, tendres et fortes! Que leur piété place encore, dans un coin de la plus belle armoire, à côté de l'Évangile et de l'Imitation, l'urne traditionnelle: Eau du Rocher Panet ! »
    J.T. Jemmat

     
     
     

     

    Des légendes  d'Australie 

    Les aborigènes d'Australie

    Les noms et les légendes des aborigènes à propos de certaines étoiles varient d'un endroit à l'autre en Australie. Les légendes des régions côtières parlent surtout de pêche parce que c'est la principale source de nourriture, alors que les légendes des déserts du centre du pays parlent plus souvent d'oiseaux, de chasseurs ou de héros des tribus. Par exemple, près des côtes, la Croix du Sud est souvent représentée comme une raie géante poursuivie par un requin (les deux pointeurs), alors que dans les déserts du centre, elle est souvent décrite comme l'empreinte d'un aigle géant.




    Les Sept Sœurs - La constellation d'Orion et le groupe d'étoiles des Pléiades

    C'est l'histoire d'un groupe de femmes, de leurs dingos et du chasseur qui les poursuit.


    Chez le peuple pitjantjatjara du désert occidental de l'Australie, ces constellations représentent des femmes et un homme qui les poursuit. Les femmes portent le nom de Kungkarungkara. Elles élèvent une meute de dingos qui les protègent contre Nirunja, un chasseur qui les poursuit dans le désert. Nirunja attrape l'une des femmes (l'étoile la moins brillante des Pléiades) mais il n'est pas satisfait pour autant. Les femmes finissent par se transformer en oiseaux et volent pour fuir le chasseur. Mais celui-ci défie leurs dingos et les suit dans le ciel. On peut le voir, avec sa lance, dans les étoiles de la ceinture d'Orion, poursuivant les Pléiades. Les Pléiades sont visibles à l'aube en automne, la saison de l'accouplement des dingos. Les Pitjantjatjara chantent cette légende et exécutent des danses de fécondité pour les dingos.

    Cette légende parle des dangers de vivre près des côtes australiennes, où il y a souvent des tempêtes tropicales.

    À Yirrkala, sur la côte de la Terre d'Arnhem en Australie, la constellation d'Orion et le groupe d'étoiles des Pléiades sont associées aux dangers de vivre près des côtes, où il y a souvent des tempêtes tropicales et des cyclones. On dit que la constellation d'Orion est un canot rempli de pêcheurs alors que leurs femmes, les Pléiades, sont dans un second canot. Tous arrivent d'une autre contrée située plus à l'est. En chemin, les hommes ont capturé une tortue, et les femmes deux gros thazardh, mais alors qu'ils approchaient de la côte, une forte tempête a renversé les canots et noyé tous leurs occupants, qui sont devenus des étoiles pour avertir les générations futures de pêcheurs. Les deux canots, les hommes et les femmes, la tortue et les deux poissons (des groupes d'étoiles voisins dans la Voie Lactée) sont tous visibles dans le ciel pendant toute la saison des pluies. Dans sa forme primitive, cette légende est un avertissement à propos des dangers de la pêche à une période de tempêtes soudaines, mais dans la partie nord-est de la Terre d'Arnhem, la version locale de cette légende comporte aussi un message moral : la noyade des pêcheurs est une punition parce qu'ils ont attrapé un thazard, dont la consommation est traditionnellement interdite dans cette tribu.






    L'Étoile du soir et l'Étoile du matin - la planète Vénus

    La planète Vénus est souvent confondue avec une étoile - la première à apparaître le soir (on l'appelle donc souvent l'Étoile du soir) et la dernière à disparaître dans la lumière du matin (on l'appelle donc souvent aussi l'Étoile du matin). C'est pourquoi cette planète fait partie des légendes dans de nombreuses cultures différentes. Elle constituait également un signe important pour les peuples aborigènes d'Australie, qui se levaient à l'aube pour commencer à chasser ou à pêcher. Ils la considéraient souvent comme une jeune fille.

    Cette légende est celle de l'Étoile du matin, qui vit sur l'île des morts.


    Dans une légende de la Terre d'Arnhem (à l'extrême nord de l'Australie), l'Étoile du matin s'appelle Barnumbir. Elle vit dans une île appelée Bralgu, l'île des morts. Comme elle était très brillante, les gens de son peuple lui demandaient souvent de venir avec eux lorsqu'ils partaient à la pêche tôt le matin, afin qu'ils puissent mieux voir. Mais Barnumbir avait tellement peur de se noyer qu'elle refusait toujours de les accompagner sur l'eau. Deux vieilles femmes de la tribu ont finalement résolu le problème. Elles lui attachèrent une longue corde autour de la taille afin de pouvoir la ramener sur l'île de Bralgu et la garder en sécurité pendant le jour dans un panier tressé. Comme elle est attachée à cette corde, elle ne peut pas monter très haut dans le ciel et reste toujours près de la ligne d'horizon - ce qui est le cas de la planète Vénus. Dans les peintures sur écorce, Barnumbir est représentée par une lumière brillante attachée par une corde à un panier tressé qui est sur l'île des morts.

    Dans la Terre d'Arnhem, l'Étoile du matin joue un rôle important dans les funérailles, à cause de son lien avec l'île des morts. Elle est représentée par un totem au sommet duquel est fixée une grappe de plumes blanches ou de duvet blanc, qui symbolise l'étoile brillante, et de longues cordes qui se terminent par de petits bouquets de plumes, qui symbolisent les rayons. Selon la croyance du peuple Arnhem, l'étoile conduit l'esprit de la personne décédée vers le lieu de son dernier repos dans Bralgu.



    La Voie Lactée

    Presque tous les peuples aborigènes d'Australie considéraient la Voie Lactée comme une rivière dans le ciel. Les grosses étoiles de la Voie Lactée étaient des poissons, alors que les petites étaient des bulbes de nénuphar (également bons à manger).


    Voici la légende du héros tribal Priepriggie, célèbre pour ses chants et ses talents de chasseur.


    Dans le Queensland, la légende aborigène à propos de la Voie Lactée mettait en vedette un héros tribal du nom de Priepriggie. Il était aussi connu pour ses chants et ses danses que pour ses exploits de chasseur. Lorsqu'il chantait, les gens dansaient jusqu'à tomber d'épuisement et déclaraient que si Priepriggie le voulait, il pourrait même faire danser les étoiles. Un matin, Priepriggie se leva très tôt, pendant que tous dormaient encore, pour aller chasser. Loin du camp, il trouva un arbre plein de roussettes qui dormaient pendues aux branches. Même si elles sont petites, elles constituent un repas délicieux lorsqu'il n'y a rien de plus gros à manger. Priepriggie tua la plus grosse pour la rapporter à la maison. Malheureusement, cette roussette était celle qui dirigeait le groupe. Les autres se réveillèrent et, très en colère, fondirent sur Priepriggie. Pour le punir, elles le transportèrent dans le ciel.

    Au camp, les autres se réveillèrent et se rendirent compte de l'absence de Priepriggie. Après avoir cherché partout en vain, ils décidèrent d'exécuter sa danse dans l'espoir qu'il reviendrait pour se joindre à eux. Mais ils se rendirent compte que, sans son chant, ils ne se souvenaient pas du rythme et ne pouvaient pas danser en mesure. Le soir venu, ils traînaient toujours les pieds, tout en désordre et désespérant de jamais pouvoir se rappeler les danses et chants traditionnels. Tout à coup, ils entendirent chanter une voix faible qui venait du ciel. À mesure que la voix devenait plus forte et le rythme plus net, les membres de la tribu retrouvaient le rythme et se souvenaient des chants. Puis les étoiles, jusqu'alors dispersées de manière désordonnée dans le ciel, commencèrent à scintiller et à danser au son du chant de Priepriggie. Petit à petit, elles se disposèrent en un large ruban étincelant dans le ciel - la Voie Lactée. La Voie Lactée leur rappelle donc constamment que leur héros tribal doit être célébré avec le cérémonial approprié et qu'ils ne doivent jamais oublier ces danses et chants traditionnels.



    Le Soleil

    Chez les aborigènes de Murray River, dans l'Australie du Sud, l'origine du Soleil est liée au lancement d'un ouf d'émeu géant dans le ciel, où il frappa un tas de bois sec et éclata en une flamme dorée, de la couleur du jaune d'ouf, éclairant ce qui avait été jusque-là un monde plongé dans l'obscurité. Le Grand Esprit Baiame, voyant jusqu'à quel point le monde ainsi inondé de lumière dorée était meilleur, décida de rallumer le tas de bois chaque jour.

    Le Soleil vient d'une femme qui vit dans le ciel et dont le camp est situé à l'est. Chaque matin, elle se réveille et allume une torche en écorce, qu'elle va transporter en traversant le ciel pendant la journée.


    Tôt le matin, la Femme-Soleil se pare d'une poudre d'ocre rouge. Une partie de cette ocre tombe sous forme de poussière qui colore le ciel et les nuages en rose. C'est le lever du Soleil. Sa fille veut l'accompagner mais la Femme-Soleil refuse car deux soleils dans le ciel provoqueraient une chaleur telle qu'elle consumerait le pays. Le soir, la Femme-Soleil atteint l'extrémité ouest du monde. Elle se décore à nouveau, ce qui produit les couleurs flamboyantes du crépuscule, avant de commencer son long voyage sous la terre pour revenir à l'est. Dans certaines légendes, elle se transforme en Wallaby et traverse en sautant un long tunnel souterrain. Pendant son trajet sous la terre, sa torche réchauffe la terre, ce qui permet aux plantes de pousser.

    Comme bien d'autres légendes, celle-ci évoque la relation étroite entre le ciel et la terre.



    La Lune

    Comme la Lune croît de la nouvelle lune à la pleine lune avant de décroître jusqu'à presque disparaître, elle est associée à la fécondité (la production d'une nouvelle vie) et à la mort. De nombreuses légendes tentent d'expliquer la croissance et déclin de la Lune.

    Découvrez la légende de l'Homme-Lune et la tragédie qui frappa sa famille.


    Le peuple Milingimbi de la Terre d'Arnhem en Australie croyait qu'au moment de la création, l'Homme-Lune, Alinda, avait deux femmes qui donnèrent chacune naissance à un fils. Un jour, alors que les femmes étaient sorties cueillir des racines et des baies, Alinda envoya les garçons pêcher quelques poissons pour lui. Les garçons allèrent sur la lagune mais ils ne trouvèrent pas de poisson. Par contre, ils attrapèrent un canard siffleur. Comme ils avaient très faim, ils décidèrent rapidement que, puisqu'on ne leur avait pas demandé de rapporter un canard, ils pourraient le manger et ne pas en parler à leur père. Lorsqu'ils revinrent à la maison et que leur père leur demanda du poisson, ils dirent qu'ils n'en avaient pas attrapé. Alinda remarqua la graisse de canard sur leurs doigts et leur demanda d'où elle venait. Craignant une punition, les garçons refusèrent d'admettre qu'ils avaient attrapé un canard. Alinda, qui lui aussi avait faim, était furieux. Il mit ses deux fils dans un sac qu'il noua et chargea dans son canot. Il rama ensuite jusqu'au centre de la lagune, où il jeta les garçons par-dessus bord.

    Lorsqu'Alinda revint à la maison, ses femmes demandèrent où étaient les garçons. Alinda dit qu'ils étaient partis chasser et qu'ils reviendraient le soir. Comme les garçons ne rentraient pas pour le repas, les deux mères eurent des soupçons. Elles suivirent les traces d'Alinda et du lourd sac qu'il avait traîné jusqu'au bord de l'eau, et elles comprirent bientôt ce qui s'était passé. Ivres de douleur et de rage, elles coururent incendier la hutte où dormait Alinda, jouissant de ses hurlements de douleur pendant qu'il brûlait à mort. Mais les femmes virent son corps revenir à la vie sous forme d'un fin croissant qui devint lentement une grosse sphère et s'éleva dans le ciel. Du haut du ciel, Alinda annonça que désormais toute la création mourrait pour ne plus jamais revivre. Lui par contre serait mort trois jours par mois mais reviendrait toujours à la vie. À la pleine lune, le peuple aborigène montre les marques foncées qui traversent le milieu de la Lune - les cicatrices des brûlures qu'Alinda avait subies dans sa hutte.

    Les nombreuses apparences de la Lune.

    Pour les aborigènes d'Australie, la formation d'un anneau ou d'un halo autour de la Lune indique habituellement que la pluie s'en vient. L'anneau représente un abri dont l'Homme-Lune s'entoure pour se protéger de la pluie. Le peuple Tiwi de l'île Melville croit qu'un anneau autour de la Lune est le signe que l'Homme-Lune participe à une kulama, cérémonie du peuple tiwi. L'anneau représente le cercle de terre amoncelée autour du terrain de la cérémonie, où le peuple des étoiles danse et entonne les chants de la kulama comme le font les Tiwis. Cette légende évoque très clairement l'unité de la terre et du ciel, où l'on retrouve les mêmes rituels et les mêmes manières de faire.

    D'autres caractéristiques de la Lune sont également expliquées dans des légendes. Une éclipse de soleil est généralement interprétée comme l'union de l'Homme-Lune et de la Femme-Soleil. Les peuples aborigènes des régions côtières de l'Australie ont remarqué le lien entre les phases de la Lune et les marées. À Yirrkala, sur la côte de la Terre d'Arnhem, et sur Groote Eylandt, les aborigènes croient que les grandes marées, qui atteignent la Lune lorsqu'elle se couche dans la mer, la rendent de nouveau grosse et ronde. Par contre, lorsque les marées sont faibles, l'eau revient dans la mer à partir de la pleine lune, et celle-ci redevient un mince croissant.




    La Croix du Sud

    La Croix du Sud est une constellation propre à l'hémisphère sud. Elle comprend quatre étoiles brillantes formant les pointes d'une croix.

    Un arbre s'envole dans le ciel pour devenir la Croix du Sud.

    Les cultures aborigènes de l'Australie ont de nombreuses légendes à propos de choses qui ne sont pas permises, comme la consommation de certains aliments ou le mariage entre proches parents. Dans ces légendes, les personnages qui ne respectent pas les règles sont punis. Les personnages qui se conduisent bien deviennent parfois des étoiles afin de rappeler aux gens comment ils devraient se comporter. Dans l'une de ces légendes, le Grand Esprit Baiame créa deux hommes et une femme, et leur montra quelles plantes manger et comment récolter des racines. Baiame leur prescrivit également de ne pas tuer d'animaux. Mais lorsque survint une sécheresse et que les plantes moururent, la femme tenta de persuader les hommes d'aller à la chasse et de tuer un animal pour pouvoir manger. L'un des deux hommes accepta et tua un kangourou mais l'autre refusa de manger toute créature de Baiame. Il alla dans le désert et tomba épuisé sous un gommier. Pendant qu'il dormait, le Yowi, esprit de la mort, descendit et le tira dans l'arbre, dérangeant deux calopsittes blanches qui nichaient dans l'arbre. L'arbre entier s'envola dans le ciel pour former la Croix du Sud. Les quatre étoiles de la Croix du Sud représentent les yeux de l'homme et du Yowi, et les pointeurs les deux calopsittes qui tentent de regagner leur nid dans le gommier.



    Les Nuages de Magellan

    Ces deux petites galaxies visibles de l'hémisphère sud sont les camps aborigènes d'un vieil homme et d'une vieille femme.


    Pour les petites bandes nomades dont les membres dépendaient étroitement les uns des autres pour leur survie, il était très important que chacun obéisse aux règles de la communauté. En plus de légendes sur la nourriture, les étoiles figurent dans de nombreuses légendes sur la bonne manière de se conduire. Dans l'une de ces légendes, le Grand Nuage de Magellan et le Petit Nuage de Magellan sont les camps d'un vieil homme et d'une vieille femme trop âgés et trop faibles pour chasser et cueillir leur nourriture. L'espace entre les deux nuages représente le feu pour faire cuire leurs aliments. Les jeunes, représentés par des étoiles, attrapent des poissons et cueillent des bulbes de nénuphar dans la rivière céleste (la Voie Lactée) pour les apporter au vieux couple qui les fait cuire. Près de là, l'étoile brillante Achernar représente leur repas. Lorsque les Nuages de Magellan apparaissent dans le ciel, cette légende est racontée - ou chantée - afin de rappeler à tous de prendre soin des personnes âgées et d'être attentifs à leurs besoins.

     

     

     

     

     

    Légende des Indes

    Nandi Vishala
    Nandi Vishala était une vache heureuse. Elle vivait dans la maison d'un brahmane à qui elle avait été offerte. Il en prenait grand soin. Tous les jours,lebrahmane travaillait dans les champs avec Nandi Vishala et rentrait pour la nourrir, la brosser. C'était sa seule amie. Il se surprenait même à lui parler !!
    Un jour, Nandi Vishala se dit " Mon maître a toujours été bon pour moi, je vais essayer de l'aider!"
    - Mon bon maître, dit-elle à haute voix, écoute-moi bien et fais exactement ce que je te dis. Va trouver le plus riche marchand de la ville et propose-lui un marché: parie toutes tes économies en lui disant que ta vache est la seule de la ville capable de tirer 100 charrettes remplies de sable et de cailloux...
    Le brahmane se retourna pour voir qui lui parlait. "Je dois être fou, pensa-t-il, voila maintenant que j'entends des voix!".
    - Non mon maître, tu n'es pas fou et c'est bien moi, Nandi Vishala qui te parle, poursuivit-elle en devinant les pensées de son maître.
    - Alors c'est vrai?!! C'est bien ma vache qui me parle?... s'exclama-t-il encore retourné, avant de se reprendre :
    - Mais que me proposes-tu là? Parier toutes mes économies et ainsi perdre le bénéfice de toute une vie? Jamais!
    - N'as-tu donc pas confiance en moi sur qui tu as toujours pu compter? s'étonna Nandi Vishala. Va et fais ce que je te dis de faire, insista-telle. Crois-en moi!
    Le brahmane réfléchit quelques instants et décida de se lancer. Après tout, Nandi Vishala n'avait-elle pas toujours été une bonne vache sur laquelle il avait toujours pu compter, en toute circonstances?....

    Le lendemain matin, notre homme s'en alla alors rendre visite au plus gros négociant du village. Il trouva celui-ci de fort bonne humeur et voici ce qu'il lui dit:
    - Pouvez-vous me dire, Monsieur, quelles sont les bêtes les plus fortes des alentours?
    - Pour sûr que je peux te le dire, mon ami, ce sont les miennes! Les plus belles vaches et les plus puissantes, ça, tu peux me croire!
    - Attendez seulement d'avoir vu la mienne et je vous parie que vous changerez d'avis!
    - Oh oh! Mais tu es bien hardi! Tu me plais. Eh bien soit, dis-moi où tu veux en venir?
    - Je vous parie 1000 roupies que ma vache peut tirer 100 charrettes pleines de sable et de cailloux sur plusieurs centaines de mètres...
    Le sourire fendant son visage en deux, le négociant qui n'en croyait pas ses oreilles décida sur le champ de donner une bonne leçon à ce brahmane un peu trop présomptueux, et lui dit:
    - Pari tenu! Je suis bien impatient de voir ça! Mes vaches toutes puissantes qu'elles sont, en seraient bien incapables.
    Rendez-vous fut donc pris pour le lendemain. Nandi Vishala et son maître arrivèrent de bonne heure. Les charrettes étaient déjà remplies et tout était en ordre. Le marchand leur expliqua:
    - Pour gagner tes 1000 roupies, voilà ce que devra faire ta vache. Je reste devant cet arbre d'où elle partira. Elle doit tirer jusqu'à ce que la dernière charrette soit devant moi. Es-tu d'accord?
    - Entendu! dit le brahmane.
    Ce dernier commençait sérieusement à réfléchir. En effet, sa vache lui avait assuré qu'elle ne pouvait échouer et il s'imaginait déjà ce qu'il ferait des 1000 roupies qu'il allait gagner si facilement. A cette pensée, il changea tout à coup et se mit sur la première des charrettes où Nandi Vishala était déjà attelée.
    - Allez, avance, cria-t-il brusquement.
    Surprise du ton qu'il avait adopté, la vache resta interdite.
    -Mais vas-tu avancer, oui? Fainéante! dit encore le brahmane qui eut tout à coup peur de perdre son pari.
    Le marchand riait à gorge déployée des efforts de son adversaire. Nandi Vishala , quant à elle, était furieuse d'être traitée ainsi alors qu'elle avait toujours rendu service à son maître. Elle décida de lui jouer un tour et refusa d'avancer d'un centimètre. Après quelques tentatives infructueuses où le brahmane s'évertua à injurier sa vache, il dut enfin renoncer.
    - Allez! dit le marchand toujours en riant. Tu ne croyais pas sérieusement qu'une seule vache, aussi forte qu'elle puisse être, pourrait le faire, si?
    Le brahmane ne répondit rien et lui donna les 1000 roupies, ses économies de plusieurs années.

    Il rentra tristement sans mot dire, suivi de sa vache.
    Pendant plusieurs jours, le brahmane ne parla plus, ni ne dormit. Nandi Vishala n'était plus en colère et se trouvait même ennuyée du tour qu'elle lui avait joué. Certes, son maître méritait une leçon mais il n'était pas méchant. Elle lui parla à nouveau:
    - Eh bien mon maître, qu'as-tu?
    - Comment, qu'est-ce que j'ai? répondit-il encore furieux. Tu m'as promis que je gagnerai 1000 roupies et voilà que j'ai perdu toutes mes économies! Je suis un homme ruiné.
    - Pourquoi m'as-tu insultée ce jour-là? T'ai-je jamais désobéi auparavant? Ai-je jamais reculé devant le travail? Tu n'avais pas le droit de me traiter ainsi.
    Réfléchissant, le brahmane se repentit :
    - Pardon, mon amie. C'est vrai j'ai perdu mon sang-froid que l'autre jour, mais aujourd'hui me voilà bien puni, confessa-t-il.
    - Tu as toujours été bon pour moi, je veux bien t'aider à nouveau. Retourne voir le marchand et fais le même pari mais cette fois,
    la mise  en jeu sera de 2000 roupies.
    - Comment? Mais je ne les ai pas! s'écria l'homme.
    - Fais-moi confiance! Si tu redeviens le gentil maître que j'ai toujours connu, je t'assure que tu n'auras pas à le regretter.
    Rassuré, le brahmane retourna voir le marchand. Cette fois, ce dernier éclata franchement de rire:
    - Décidément, je ne te comprends pas! Tu as déjà joué une fois et tu as perdu. Et te revoilà devant moi, en pariant cette fois le double de la première mise? Non, je ne comprends plus mais j'aime les gens un peu fous et j'accepte ton nouveau pari.
    - Cela est dit. A demain donc! dit le brahmane en souriant.
    Le lendemain, le brahmane et sa vache furent à l'heure au rendez-vous. L'homme n'en menait pas large car il savait que s'il perdait, il serait dans une très mauvaise passe. Mais les doux yeux de Nandi Vishala le rassurèrent quelque peu.

    Tout se passa sans problème. Le brahmane attela sa vache à la première voiture et monta pour prendre les rênes. Puis, il lança, le coeur battant:
    - Allez, mon amie! Avance doucement! Voilà...
    Et Nandi Vishala tira les 100 charrettes sur plus de cinq cent mètres, sans efforts apparents...
    Le marchant ouvrait de grands yeux! Impossible qu'une vache soit aussi forte. Il interpella le brahmane:
    - Bravo, tu as gagné! Voilà tes 2000 roupies, tu les as bien méritées! Dis-moi, combien vends-tu ta vache? Je t'en donne 3000 roupies!
    - Oh monsieur, vous n'y pensez pas! Nandi Vishala est ma meilleure amie et j'ai compris maintenant que cela n'avait pas de prix! Mais merci, et à bientôt!
    Le riche marchand n'en revenait pas! Décidément, ce brahmane était fou: refuser 3000 roupies pour une vache, cela ne s'était jamais vu!!.

    Le brahmane rentra chez lui avec ses 2000 roupies, le coeur léger. Il remercia sa vache:
    - Et surtout merci de m'avoir donné cette leçon. Je sais désormais que l'argent n'est pas tout ! Et je continuerai à prendre soin de toi, comme auparavant

     
     

     

     

     

     Légendes Inuit

    La légende de la déesse Sedna

    Sedna est encore aujourd’hui une légende très connue des Inuit, et il existe autant de versions que de villages.
    Une jeune fille vivait solitaire avec son père, veuf. Par ruse, elle fût séduite et se maria ( là, les versions sont variées, avec un chaman, un homme-oiseau ou un homme-chien)
    Après quelques temps sur son île lointaine, son père entendit des plaintes au delà de la mer: c’était sa fille qui était maltraitée. Il embarqua sur son kayak pour aller la chercher et il reprit la mer avec sa fille. Son mari voyant Sedna s’enfuir et doté de pouvoirs surnaturels ordonna à la mer de se déchaîner.

    Voyant la mort arriver, le père sacrifia Sedna en la jetant à la mer, mais celle-ci, s'agrippant au bord mettait l'embarcation en péril.
    Le père coupa alors les doigts de Sedna et ils devinrent poissons, les pouces et les mains et ils devinrent phoques, baleines et tous les animaux marins.
    Sedna coula au fond de l'eau où elle réside encore comme déesse de la mer. Quand la chasse n’est pas bonne ou que la mer est démontée, la croyance est que Sedna est en colère car ses cheveux sont emmêlés et, n’ayant plus de mains, elle ne peut les peigner. C’est alors que les chamans, par leur magie, arrivent à aller peigner Sedna et ainsi reviennent le calme et les animaux.
    Cette légende fait en sorte que les chasseurs vivent dans l'obligation de traiter la mer et les femmes avec respect.

     

    A l'origine du monde, il n'y avait qu'un Homme et une Femme, sans aucun animal.
    La Femme demanda à Kaïla, le dieu du ciel, de peupler la terre. Il l'envoya creuser un trou dans la banquise pour pêcher. Elle sortit alors du trou, un à un, tous les animaux. Le caribou fut le dernier.
    Kaïla lui dit que le caribou était son cadeau, le plus beau qu'il puisse faire, car il nourrirait son peuple. Le caribou se multiplia et les fils purent le chasser, manger sa chair, confectionner des habits et des tentes.
    Cependant, les fils choisissaient toujours les caribous les plus beaux, les plus gras. Un jour, il ne resta plus que les faibles et les malades dont les Inuits ne voulurent pas.
    La Femme se plaignit alors à Kaïla. Il la renvoya sur la banquise et elle y pêcha le loup, envoyé par Amorak, l'esprit du loup, pour qu'il mange les animaux faibles et malades afin de maintenir l'ensemble des caribous en bonne santé.

     
     

     


    October 01

    groupe sur msn

     
     
       J'ai un petit groupe sur msn si celà vous dits de participer vous serrez les    
    les bienvenus(es)
     
     
     
     
       

    vacances à Lanzarote

     
    Lanzarote Ile des Canaries
     
     
     
    ile de lave et de feu
    Parc surprenant de Timanfaya dont la superficie est de 51km carré
    Son origine est le résultat d'un épisode géologique violent au cours duquel
    se sont produits deux grand processus éruptif.
    le plus long a commencé en 1730 et a été actif jusqu'en 1736.
    Le plus récent a eu en 1824 c'est à se moment que trois nouveaux cônes volcanique apparurent
    Ce passé éruptif se manifeste encore de nos jours par l'existence des hautes température en surface
    Elles expliquent les températures de l'ordre de 610° que l'on a relevé à seulement 13 m de profondeur et celles de 100 à 200° au ras du sol
    Bon voila un petit topo de cette ile que pour ma part je trouve magnifique
    sur l'album vous verrez des images du site de Timanfaya
    de Los Jameos Del Agua dans la zone nord de l'ile où il y a un ensemble de grottes
    d'origine volcanique dont le noyau principal de ce système constitue en un spectaculaire tube volcanique
    Lors de cette visite nous descendons en son intérieur par un sinueux escalier de pierre ,
    au même instant nous enveloppe une atmosphère de quiètude hélas impossible à reproduire sur images
     
    J'arrête là lol
    vous avez devinez nous avons succombé aux charmes de Lanzarotte