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10月26日 Conte et légende du monde
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Peut-être avez vous déjà entendu des bruits sourds, près des ruisseaux, la nuit. Comme des coups de battoir sur le linge. Alors, passez votre chemin bonnes gens, et ne cherchez pas à savoir d'où vient ce bruit : se sont les lavandières de nuit.
Guillo, c'est le bon à rien du village, paresseux du soir au matin. Il ne sait que boire, boire et chanter après avoir bu. Tout le monde le connaît à Tréhorenteuc. Ce soir là, Guillo a le vent en poupe. Il a passé toute la soirée au café du village et le voilà qui rentre chez lui, sous la pleine lune, en chantant à tue-tête. La nuit est trop douce pour prendre le raccourci par les prés, aussi prend-il la route qui monte vers Trébottu.
Lorsqu'il arrive au petit pont sur le Rauco -le ruisseau qui descend le Val sans Retour- Guillo entend des bruits sourds, des battements, à sa gauche, près du moulin en ruine. Intrigué, il quitte la route et longe le ruisseau pendant un bon moment. Il se heurte sur les souches, il trébuche sur les pierres, et il patauge dans la boue. C'est là qu'il aperçoit deux femmes, vêtues de blanc, à genoux au bord du ruisseau. Elles lavent un grand drap et le frappent de leur battoir. Guillo, malgré l'ivresse, n'en croit pas ses yeux : est-ce une heure pour laver du linge en pleine forêt ? Peu importe, il fait demi-tour, mais alors qu'il repart, le voilà qui trébuche sur une grosse pierre et tombe dans le ruisseau. Les deux lavandières sursautent et se tournent vers lui.
Mon Dieu, quels visages ! La lumière blafarde de la lune éclaire ces visages sans vie, aux traits durs et profonds ; leurs yeux sont noirs et vides. Guillo, térrifié, bondit hors de l'eau, mais il n'a pas le temps de fuir que l'une des femme lui crie : _ Approche ! Viens nous aider. L'homme, comme pétrifié, s'approche des lavandières en titubant. Impossible de fuir, la voix l'attire comme une guêpe sur une tartine de miel. Les femmes lui tendent alors le drap qu'elles ont lavé et qui ruisselle d'eau. _ Eh bien ! dit l'une d'elles, qu'attends-tu ? Aide nous à tordre ce drap. Sans réfléchir, embrumé par les vapeurs d'alcool, Guillo saisit l'extrémité du drap. A l'autre bout, les lavandières tordent le linge, mais lui ne bouge pas. Avec peine, il parvient quand même à dire : _ Mais qui êtes-vous ? Et pourquoi lavez-vous ce drap en pleine nuit ? _ Nous lavons le linceul d'un homme qui doit mourir cette nuit. Si nous ne le faisons pas, le pauvre n'aura même pas un linceul pour son dernier voyage. Sur le coup, Guillo prend ça pour une plaisanterie et le voilà qui éclate de rire. Il est maintenant de tellement bonne humeur, qu'il se met à tordre le drap de son côté. Et il tord le drap en le tournant de gauche à droite. _ Malheur ! s'écria l'une des femmes. Il a tordu le drap dans le sens maléfique ! _ Malheur ! Malheur ! répéta l'autre.
Ces cris résonnent dans les arbres, réveillant tous les animaux de la forêt. Quand Guillo s'est un peu remis de sa frayeur, les lavandières ont disparu. Il s'imagine avoir rêvé, surtout avec tout ce qu'il a bu. Mais c'est alors qu'il sent l'humidité du drap qu'il porte encore sur son bras. Tout à fait dégrisé, Guillo n'a plus qu'une pensée : courir jusqu'à chez lui, sans se retourner. Mais il n'a pas le temps de faire trois pas qu'il entend un énorme grincement. C'est le grincement des roues d'une charrette qui n'ont pas été graissées depuis des années. Incapable de faire le moindre geste, Guillo attend, l'oreille tendue. Mais d'où vient cette charrette ? Il n'y a pas de chemin forestier par ici. Cependant l'attelage s'approche, et en plus du grincement des roues, il peut maintenant entendre le claquement de sabots sur le sol, et les branches qui se brisent sur le passage du cheval et de la carriole.
La charrette vient s'arrêter au bord de l'eau. Le cheval se penche pour se désaltérer. C'est alors qu'un personnage vêtu de noir s'approche de Guillo, un fouet à la main : _ Holà, l'homme ! crie-t-il. Je cherche un nommé Guillo, est-ce que tu l'aurais vu par hasard ? Guillo ne répond pas. Ses dents claquent, ses mains tremblent, il a l'impression que sa tête va exploser. Le mystérieux personnage tourne autour de lui et dit d'une voix rauque : _ Mais je ne me trompe pas ! Tu portes ton linceul sur le bras. C'est donc toi Guillo ! Guillo de Tréhoranteuc.
C'est alors que la lune éclaire le visage de cet étrange personnage. Guillo, avec une indicible horreur, voit ce visage et le reconnait : c'est l'Ankou, le Serviteur de la Mort. Alors, ne pouvant supporter cette vision, Guillo tombe à genoux sur le sol.
On raconte qu'à ce moment il y eut un ricannement qui se prolongea dans les arbres et sur la lande. Puis un grand bruit de branches brisées. On raconte que le cheval hennit trois fois et que la charrette s'évanouit dans la nuit. On raconte que personne n'a revu Guillo, Guillo de Tréhoranteuc, depuis cette nuit-là.
D'après les Contes populaires de toutes les Bretagne de J. Markale. Ed. Ouest-France | | | |
| Le pauvre et le riche
IL y avait une fois un riche qui donnait depuis longtemps du travail à un pauvre.
- Il faut que je te récompense de quelque chose, dit un jour le riche ; dis-moi ce que tu voudrais avoir.
- Eh bien ! mon bon monsieur, si vous vouliez m'acheter une vaquette (une petite vache), cela m'arrangerait très bien.
La vache fut achetée et donnée au pauvre. Trois jours après le riche va visiter ses clos. Il trouve le garçon du pauvre qui y faisait paître sa vache. Ne le voilà pas content.
- Si j'ai donné une vache à ton père, lui dit-il, ce n'est pas pour que tu la fasses paître dans mes clos. Retire-toi et n'y reviens plus.
Huit jours après, le riche retrouve encore la vache dans son clos, toujours gardée par le même petit garçon.
- Cette fois, lui dit-il, je ne te ferai point de grâce. J'irai demain tuer ton père pour le punir de cette insolence.
Le lendemain il alla, en effet, chez le pauvre, décidé à le tuer ; Mais le pauvre était rusé ; il avait tué son cochon, puis il avait barbouillé sa femme de sang et l'avait fait coucher dans son lit.
Le riche, en entrant chez le pauvre, voit le sang répandu, le lit souillé de sang et la femme couchée dedans et immobile.
- Tiens ! lui dit-il, tu as tué ta femme ?
- Oui ; elle était si méchante que j'ai voulu la punir. Je l'ai tuée pour trois jours ; elle ressuscitera le quatrième.
- Elle ressuscitera ? Ah bien ! je vais tuer la mienne pour trois jours aussi ; ça lui apprendra à me faire enrager.
Il n'en fait ni une ni deux, il rentre chez lui et tue sa femme.
Trois jours après, il revient chez le pauvre.
- Tu m'as dit que tu avais tué ta femme pour trois jours, et je vois qu'en effet elle est ressuscitée. J'ai tué la mienne pour trois jours aussi et elle ne ressuscite pas.
- C'est que vous ne vous y êtes pas bien pris. Qu'avez-vous fait pour la ressusciter ?
- Rien. J'ai tâché de la réveiller, et elle ne bouge pas.
- Ce n'est pas comme cela qu'il fallait faire. Pour moi, j'ai une corne tout exprès pour ça. J'ai soufflé avec au cul de ma femme. Elle se porte à merveille, comme vous voyez, et elle est corrigée.
- Combien veux-tu me vendre ta corne ?
- Cent écus.
- Les voici ; donne-la moi.
Le pauvre donne la corne. Le richard retourne chez lui et fait l'opération indiquée. La bonne femme continue à ne pas bouger.
Désappointé, il retourne chez le pauvre et le trouve frappant à coups de fouet sur une marmite, qui bout à gros bouillons.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Vous voyez, je fais bouillir ma marmite.
- A coups de fouet ?
- Oui. Quand on est pauvre, on économise autant qu'on peut.
- Et ta marmite bout comme ça sans feu, sans bois ?
- Vous voyez.
- Et tu prends pour cela le premier fouet venu ?
- Ah ! mais non. Il n'y a que le fouet que vous voyez qui ait cette vertu.
- Combien veux-tu me le vendre, ton fouet ?
- Il n'est pas à vendre. Cependant, si vous y tenez, je veux bien m'en défaire pour vous. Donnez-moi cent écus et je vous le cède.
- Les voilà. Donne-moi ton fouet.
Le riche s'applaudissait de son marché, qui allait lui permettre de faire de notables économies. Arrivé chez lui, il appelle ses domestiques et leur remet le fouet en guise de bois pour faire bouillir la marmite.
Les domestiques fouettent, fouettent, la marmite ne bout pas.
Le riche retourne chez le pauvre.
- Ton fouet n'est bon à rien, lui dit-il. On a beau fouetter, fouetter la marmite, elle ne veut pas bouillir.
- De quelle main a-t-on frappé ? demande le pauvre.
- On a frappé de la main gauche.
- Cela ne m'étonne pas que vous n'ayez pas réussi. Il fallait frapper de la main droite, sans quoi le fouet n'opère pas.
Le riche retourne chez lui, appelle de nouveau ses domestiques et leur donne ses instructions. Ils frappent de la main droite à tour de bras. La marmite ne bout pas davantage.
Le riche est furieux contre le pauvre, qui s'est moqué de lui et lui a extorqué son argent ; il veut le tuer. Il ordonne à ses domestiques d'aller le chercher et de l'enfermer dans la bergerie pour le noyer le lendemain.
Les domestiques obéissent, et quand le berger revient le soir, il trouve le pauvre homme enfermé dans la bergerie.
- Tiens ! qu'est-ce que tu fais là ? lui dit le berger.
- Le riche m'a fait mettre ici. Il prétend que je dois être enfermé avec les moutons, parce que je ne sais pas mieux prier le bon Dieu que ces bêtes-là.
- Moi, je sais très bien prier ; je prierai pour tous, pour mes bêtes et pour toi ; va-t-en.
La pauvre s'en alla, mais pas tout seul. Pendant que le berger priait, il détourna tous les moutons. Il y avait une foire le lendemain, il alla les vendre et les vendit fort cher : trois francs le poil ! Avec l'argent qu'il en retira, il fit bâtir un beau château. Un jour que le riche était allé se promener de ce côté, il demanda pour qui on élevait ce beau château, à qui appartenait cette belle propriété.
- A moi, monseigneur, dit le pauvre.
- Qui aurait jamais cru que tu deviendrais si riche ?
- Rappelez-vous ce que vous avez ordonné à vos domestiques de me faire.
- J'avais ordonné de te jeter à l'eau.
- Je suis allé où vous aviez ordonné de m'envoyer, et je suis devenu riche.
- Vraiment ? Je voudrais bien aller au même endroit.
- Il ne tient qu'à vous, monseigneur ; mettez-vous dans ce sac.
Le riche se mit dans le sac, on jeta le sac à l'eau et, depuis lors, on n'a jamais revu le riche.
Là-dessus, je bus une croûte, je mangeai une chopine et je m'en revins.
conte recueilli par Jean Fleury | | |
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Une légende canadienne
Une misérable dont la légende a étouffé le nom et la honte, avait osé vendre au démon, en échange de déshonorantes passions, son âme immortelle, et ses éternelles félicités. L'esprit impur ne parut pas satisfait du marché; il voulut aussi posséder le corps de son infortunée victime. Abusant de sa puissance, son infernale malice la jeta sur le rocher qui ne présentait pas l'aspect triste d'aujourd'hui: on eut dit une émeraude flottant sur les ondes, étalant la verdeur des arbrisseaux et les teintes de ses fleurs. Mais sitôt que le pied maudit la vint toucher, les corolles se replièrent flétries, les arbrisseaux périrent desséchés! Depuis plusieurs semaines, semaines d'angoisse et d'épouvante, elle était là, cheveux épars, secouant des bras noircis, clamant plus fort que les vagues. Souvent dans l'exaltation et les crises de désespoir, la malheureuse se précipitait éperdue au milieu des flots, et les flots effrayés la remettaient soudain sur son rocher et s'enfuyaient d'horreur! La paroisse entière fut le témoin atterré de ces scènes lugubres; nul ne les pouvait envisager sans frémissement, et quelques-uns moururent de convulsions de terreur. Les mères défendaient aux enfants de regarder le rocher maudit et les grandes personnes se signaient à son aspect. Le saint Curé, lui, paraissait seul ne pas savoir le fait, ni s'en émouvoir; mais dans son intention, il suppliait le ciel qu'un si exemplaire châtiment vint enraciner au fond des cœurs la répulsion et la haine du vice ignominieux. Cependant, un jour, un groupe consterné accourut le conjurer de rendre la paix au village, en adjurant le diable de livrer sa victime et de retourner à son éternel supplice. Un instant le pasteur se recueille, lève au ciel des yeux calmes qui s'emplissent de larmes; puis joignant ses mains longues et décharnées: « J'y vais, mes enfants, dit-il; mais vous, priez, priez encore, priez toujours! » À ces mots il s'embarqua sur les vagues houleuses, guidant lui-même son esquif. Les paroissiens échelonnés en longue file sur la rive, le front dans le sable, récitaient avec ferveur les psaumes de la pénitence. En voyant approcher d'elle la barque, la malheureuse se prit à se tordre sur le roc, poussant des hurlements à faire peur et pitié à la fois. Le prêtre cependant avait laissé l'embarcation et, pieds nus, lentement gravissait le rocher, lorsque soudain il se voit en face du hideux personnage, à l'œil enflammé, à la respiration entrecoupée; une main se crispait dans sa chevelure humide, l'autre, d'un geste menaçant montrait les flots en courroux; la lutte allait s'engager entre l'ange de Dieu et Satan invisible. La peur circule à travers les rangs, au rivage. Par un de ces pressentiments qui lui sont habituels, le saint vieillard en est averti, et, se retournant vers ses fils, il trace un long signe de croix qui fait rugir la possédée mais rend aux enfants la confiance: ils se remettent à prier. Le prêtre aussitôt récite avec force les foudroyantes formules de l'exorcisme auxquelles le diable terrorisé se voit contraint d'obéir en maudissant. Cette fois, il se décide pourtant à la résistance, et une scène terrible se déroule sur le rocher qui tremble d'abord, puis bondit comme un vaisseau qui va sombrer; d'affreux hurlements échappent de tous les autres, et l'infortunée, se frappant la tête contre les pierres, vomit des propos d'enfer; quand tout à coup elle disparaît au sein des flots amoncelés. Aussitôt un énorme nuage voile le ciel de noir, le tonnerre roule les échos de sa grande voix, et les éclairs agitent dans les nues des épées de feu. Ô Dieu! venez à notre aide; Seigneur! hâtez-vous de nous secourir, criait la foule du rivage: Ô Christ, qui avez délivré Madeleine des sept démons qui tenaient son âme captive, écoutez ma prière, soupirait le blanc vieillard sur le rocher. L'heure est à l'angoisse commune, mais le ciel exauce les vœux. Dieu, par un prodige, vient fortifier l'espérance de son serviteur. Le roc, s'amollissant comme l'argile, garde l'empreinte de son pied droit, et, au même lieu, jaillit une source pure et intarissable. L'âme de l'apôtre, touchée d'une main invisible, se sent frémir et est inondée de douceur: Seigneur, vous lui ôterez son cœur de pierre pour lui en donner un qui soit docile; vous ouvrirez dans ses yeux la source des saintes larmes qui appellent le pardon, et son pied s'affermira dans vos voies. Aux accents de la prière la rosée descend des cieux. Soudain une vague écumante jette aux pieds du prêtre le corps de la jeune fille. A-t-elle péri? Non, non! Un frisson secoue les membres, les paupières s'ouvrent toutes grandes et le regard s'attache au bienfaiteur; quel regard! il se baigne d'une gratitude infinie! Heureuse, elle se relève vivement et murmure une prière de foi et d'amour. Tandis que le prêtre baisse sa haute stature, et que ses cheveux blancs ombragent comme un voile pudique la tête de la pécheresse, elle fait les aveux du repentir. Aux premières larmes qui jaillissent de ce cœur renouvelé, le ciel reprend ses teintes d'azur, le soleil déverse des gerbes lumineuses, et le rocher et les deux personnages paraissent, comme nimbés d'or: les anges voient la main du prêtre se poser pour effacer les dernières taches d'une honte qui n'est plus. Là-bas, sur la rive, les larmes coulaient réconfortantes. Et lorsque la lionne rugissante, devenue brebis docile, se mit à suivre pas à pas le pasteur, un long cri de triomphante admiration jaillissant de toutes les poitrines, alla expirer jusqu'au rocher. Un siècle a passé, et les paroissiens de l'Islet, sauvegardent de l'oubli, dans un souvenir fait de respect et d'admiration, la vie et l'œuvre du héros de ce drame. Sa mémoire survit dans l'appellation du rocher qu'ils vous montrent: le Rocher Panet. Ô prodige! l'oeil du touriste aperçoit encore la mystérieuse empreinte; sa main puise à la source qui n'a pas tari: est-ce une attestation d'en haut en faveur du saint Curé? Si la foi antique semble trop crédule, n'est-elle pas la sève qui alimente dans les foyers chrétiens, la simplicité des mœurs pures, la verdeur des pratiques religieuses, la floraison des vertus, la maturité des oeuvres charitables? Que Dieu protège et développe une foi vigoureuse dans ces âmes chrétiennes, tendres et fortes! Que leur piété place encore, dans un coin de la plus belle armoire, à côté de l'Évangile et de l'Imitation, l'urne traditionnelle: Eau du Rocher Panet ! » J.T. Jemmat | | | |
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Des légendes d'Australie
Les aborigènes d'Australie
Les noms et les légendes des aborigènes à propos de certaines étoiles varient d'un endroit à l'autre en Australie. Les légendes des régions côtières parlent surtout de pêche parce que c'est la principale source de nourriture, alors que les légendes des déserts du centre du pays parlent plus souvent d'oiseaux, de chasseurs ou de héros des tribus. Par exemple, près des côtes, la Croix du Sud est souvent représentée comme une raie géante poursuivie par un requin (les deux pointeurs), alors que dans les déserts du centre, elle est souvent décrite comme l'empreinte d'un aigle géant.
Les Sept Sœurs - La constellation d'Orion et le groupe d'étoiles des Pléiades
C'est l'histoire d'un groupe de femmes, de leurs dingos et du chasseur qui les poursuit.
Chez le peuple pitjantjatjara du désert occidental de l'Australie, ces constellations représentent des femmes et un homme qui les poursuit. Les femmes portent le nom de Kungkarungkara. Elles élèvent une meute de dingos qui les protègent contre Nirunja, un chasseur qui les poursuit dans le désert. Nirunja attrape l'une des femmes (l'étoile la moins brillante des Pléiades) mais il n'est pas satisfait pour autant. Les femmes finissent par se transformer en oiseaux et volent pour fuir le chasseur. Mais celui-ci défie leurs dingos et les suit dans le ciel. On peut le voir, avec sa lance, dans les étoiles de la ceinture d'Orion, poursuivant les Pléiades. Les Pléiades sont visibles à l'aube en automne, la saison de l'accouplement des dingos. Les Pitjantjatjara chantent cette légende et exécutent des danses de fécondité pour les dingos.
Cette légende parle des dangers de vivre près des côtes australiennes, où il y a souvent des tempêtes tropicales.
À Yirrkala, sur la côte de la Terre d'Arnhem en Australie, la constellation d'Orion et le groupe d'étoiles des Pléiades sont associées aux dangers de vivre près des côtes, où il y a souvent des tempêtes tropicales et des cyclones. On dit que la constellation d'Orion est un canot rempli de pêcheurs alors que leurs femmes, les Pléiades, sont dans un second canot. Tous arrivent d'une autre contrée située plus à l'est. En chemin, les hommes ont capturé une tortue, et les femmes deux gros thazardh, mais alors qu'ils approchaient de la côte, une forte tempête a renversé les canots et noyé tous leurs occupants, qui sont devenus des étoiles pour avertir les générations futures de pêcheurs. Les deux canots, les hommes et les femmes, la tortue et les deux poissons (des groupes d'étoiles voisins dans la Voie Lactée) sont tous visibles dans le ciel pendant toute la saison des pluies. Dans sa forme primitive, cette légende est un avertissement à propos des dangers de la pêche à une période de tempêtes soudaines, mais dans la partie nord-est de la Terre d'Arnhem, la version locale de cette légende comporte aussi un message moral : la noyade des pêcheurs est une punition parce qu'ils ont attrapé un thazard, dont la consommation est traditionnellement interdite dans cette tribu.
L'Étoile du soir et l'Étoile du matin - la planète Vénus
La planète Vénus est souvent confondue avec une étoile - la première à apparaître le soir (on l'appelle donc souvent l'Étoile du soir) et la dernière à disparaître dans la lumière du matin (on l'appelle donc souvent aussi l'Étoile du matin). C'est pourquoi cette planète fait partie des légendes dans de nombreuses cultures différentes. Elle constituait également un signe important pour les peuples aborigènes d'Australie, qui se levaient à l'aube pour commencer à chasser ou à pêcher. Ils la considéraient souvent comme une jeune fille.
Cette légende est celle de l'Étoile du matin, qui vit sur l'île des morts.
Dans une légende de la Terre d'Arnhem (à l'extrême nord de l'Australie), l'Étoile du matin s'appelle Barnumbir. Elle vit dans une île appelée Bralgu, l'île des morts. Comme elle était très brillante, les gens de son peuple lui demandaient souvent de venir avec eux lorsqu'ils partaient à la pêche tôt le matin, afin qu'ils puissent mieux voir. Mais Barnumbir avait tellement peur de se noyer qu'elle refusait toujours de les accompagner sur l'eau. Deux vieilles femmes de la tribu ont finalement résolu le problème. Elles lui attachèrent une longue corde autour de la taille afin de pouvoir la ramener sur l'île de Bralgu et la garder en sécurité pendant le jour dans un panier tressé. Comme elle est attachée à cette corde, elle ne peut pas monter très haut dans le ciel et reste toujours près de la ligne d'horizon - ce qui est le cas de la planète Vénus. Dans les peintures sur écorce, Barnumbir est représentée par une lumière brillante attachée par une corde à un panier tressé qui est sur l'île des morts.
Dans la Terre d'Arnhem, l'Étoile du matin joue un rôle important dans les funérailles, à cause de son lien avec l'île des morts. Elle est représentée par un totem au sommet duquel est fixée une grappe de plumes blanches ou de duvet blanc, qui symbolise l'étoile brillante, et de longues cordes qui se terminent par de petits bouquets de plumes, qui symbolisent les rayons. Selon la croyance du peuple Arnhem, l'étoile conduit l'esprit de la personne décédée vers le lieu de son dernier repos dans Bralgu.
La Voie Lactée
Presque tous les peuples aborigènes d'Australie considéraient la Voie Lactée comme une rivière dans le ciel. Les grosses étoiles de la Voie Lactée étaient des poissons, alors que les petites étaient des bulbes de nénuphar (également bons à manger).
Voici la légende du héros tribal Priepriggie, célèbre pour ses chants et ses talents de chasseur.
Dans le Queensland, la légende aborigène à propos de la Voie Lactée mettait en vedette un héros tribal du nom de Priepriggie. Il était aussi connu pour ses chants et ses danses que pour ses exploits de chasseur. Lorsqu'il chantait, les gens dansaient jusqu'à tomber d'épuisement et déclaraient que si Priepriggie le voulait, il pourrait même faire danser les étoiles. Un matin, Priepriggie se leva très tôt, pendant que tous dormaient encore, pour aller chasser. Loin du camp, il trouva un arbre plein de roussettes qui dormaient pendues aux branches. Même si elles sont petites, elles constituent un repas délicieux lorsqu'il n'y a rien de plus gros à manger. Priepriggie tua la plus grosse pour la rapporter à la maison. Malheureusement, cette roussette était celle qui dirigeait le groupe. Les autres se réveillèrent et, très en colère, fondirent sur Priepriggie. Pour le punir, elles le transportèrent dans le ciel.
Au camp, les autres se réveillèrent et se rendirent compte de l'absence de Priepriggie. Après avoir cherché partout en vain, ils décidèrent d'exécuter sa danse dans l'espoir qu'il reviendrait pour se joindre à eux. Mais ils se rendirent compte que, sans son chant, ils ne se souvenaient pas du rythme et ne pouvaient pas danser en mesure. Le soir venu, ils traînaient toujours les pieds, tout en désordre et désespérant de jamais pouvoir se rappeler les danses et chants traditionnels. Tout à coup, ils entendirent chanter une voix faible qui venait du ciel. À mesure que la voix devenait plus forte et le rythme plus net, les membres de la tribu retrouvaient le rythme et se souvenaient des chants. Puis les étoiles, jusqu'alors dispersées de manière désordonnée dans le ciel, commencèrent à scintiller et à danser au son du chant de Priepriggie. Petit à petit, elles se disposèrent en un large ruban étincelant dans le ciel - la Voie Lactée. La Voie Lactée leur rappelle donc constamment que leur héros tribal doit être célébré avec le cérémonial approprié et qu'ils ne doivent jamais oublier ces danses et chants traditionnels.
Le Soleil
Chez les aborigènes de Murray River, dans l'Australie du Sud, l'origine du Soleil est liée au lancement d'un ouf d'émeu géant dans le ciel, où il frappa un tas de bois sec et éclata en une flamme dorée, de la couleur du jaune d'ouf, éclairant ce qui avait été jusque-là un monde plongé dans l'obscurité. Le Grand Esprit Baiame, voyant jusqu'à quel point le monde ainsi inondé de lumière dorée était meilleur, décida de rallumer le tas de bois chaque jour.
Le Soleil vient d'une femme qui vit dans le ciel et dont le camp est situé à l'est. Chaque matin, elle se réveille et allume une torche en écorce, qu'elle va transporter en traversant le ciel pendant la journée.
Tôt le matin, la Femme-Soleil se pare d'une poudre d'ocre rouge. Une partie de cette ocre tombe sous forme de poussière qui colore le ciel et les nuages en rose. C'est le lever du Soleil. Sa fille veut l'accompagner mais la Femme-Soleil refuse car deux soleils dans le ciel provoqueraient une chaleur telle qu'elle consumerait le pays. Le soir, la Femme-Soleil atteint l'extrémité ouest du monde. Elle se décore à nouveau, ce qui produit les couleurs flamboyantes du crépuscule, avant de commencer son long voyage sous la terre pour revenir à l'est. Dans certaines légendes, elle se transforme en Wallaby et traverse en sautant un long tunnel souterrain. Pendant son trajet sous la terre, sa torche réchauffe la terre, ce qui permet aux plantes de pousser.
Comme bien d'autres légendes, celle-ci évoque la relation étroite entre le ciel et la terre.
La Lune
Comme la Lune croît de la nouvelle lune à la pleine lune avant de décroître jusqu'à presque disparaître, elle est associée à la fécondité (la production d'une nouvelle vie) et à la mort. De nombreuses légendes tentent d'expliquer la croissance et déclin de la Lune.
Découvrez la légende de l'Homme-Lune et la tragédie qui frappa sa famille.
Le peuple Milingimbi de la Terre d'Arnhem en Australie croyait qu'au moment de la création, l'Homme-Lune, Alinda, avait deux femmes qui donnèrent chacune naissance à un fils. Un jour, alors que les femmes étaient sorties cueillir des racines et des baies, Alinda envoya les garçons pêcher quelques poissons pour lui. Les garçons allèrent sur la lagune mais ils ne trouvèrent pas de poisson. Par contre, ils attrapèrent un canard siffleur. Comme ils avaient très faim, ils décidèrent rapidement que, puisqu'on ne leur avait pas demandé de rapporter un canard, ils pourraient le manger et ne pas en parler à leur père. Lorsqu'ils revinrent à la maison et que leur père leur demanda du poisson, ils dirent qu'ils n'en avaient pas attrapé. Alinda remarqua la graisse de canard sur leurs doigts et leur demanda d'où elle venait. Craignant une punition, les garçons refusèrent d'admettre qu'ils avaient attrapé un canard. Alinda, qui lui aussi avait faim, était furieux. Il mit ses deux fils dans un sac qu'il noua et chargea dans son canot. Il rama ensuite jusqu'au centre de la lagune, où il jeta les garçons par-dessus bord.
Lorsqu'Alinda revint à la maison, ses femmes demandèrent où étaient les garçons. Alinda dit qu'ils étaient partis chasser et qu'ils reviendraient le soir. Comme les garçons ne rentraient pas pour le repas, les deux mères eurent des soupçons. Elles suivirent les traces d'Alinda et du lourd sac qu'il avait traîné jusqu'au bord de l'eau, et elles comprirent bientôt ce qui s'était passé. Ivres de douleur et de rage, elles coururent incendier la hutte où dormait Alinda, jouissant de ses hurlements de douleur pendant qu'il brûlait à mort. Mais les femmes virent son corps revenir à la vie sous forme d'un fin croissant qui devint lentement une grosse sphère et s'éleva dans le ciel. Du haut du ciel, Alinda annonça que désormais toute la création mourrait pour ne plus jamais revivre. Lui par contre serait mort trois jours par mois mais reviendrait toujours à la vie. À la pleine lune, le peuple aborigène montre les marques foncées qui traversent le milieu de la Lune - les cicatrices des brûlures qu'Alinda avait subies dans sa hutte.
Les nombreuses apparences de la Lune.
Pour les aborigènes d'Australie, la formation d'un anneau ou d'un halo autour de la Lune indique habituellement que la pluie s'en vient. L'anneau représente un abri dont l'Homme-Lune s'entoure pour se protéger de la pluie. Le peuple Tiwi de l'île Melville croit qu'un anneau autour de la Lune est le signe que l'Homme-Lune participe à une kulama, cérémonie du peuple tiwi. L'anneau représente le cercle de terre amoncelée autour du terrain de la cérémonie, où le peuple des étoiles danse et entonne les chants de la kulama comme le font les Tiwis. Cette légende évoque très clairement l'unité de la terre et du ciel, où l'on retrouve les mêmes rituels et les mêmes manières de faire.
D'autres caractéristiques de la Lune sont également expliquées dans des légendes. Une éclipse de soleil est généralement interprétée comme l'union de l'Homme-Lune et de la Femme-Soleil. Les peuples aborigènes des régions côtières de l'Australie ont remarqué le lien entre les phases de la Lune et les marées. À Yirrkala, sur la côte de la Terre d'Arnhem, et sur Groote Eylandt, les aborigènes croient que les grandes marées, qui atteignent la Lune lorsqu'elle se couche dans la mer, la rendent de nouveau grosse et ronde. Par contre, lorsque les marées sont faibles, l'eau revient dans la mer à partir de la pleine lune, et celle-ci redevient un mince croissant.
La Croix du Sud
La Croix du Sud est une constellation propre à l'hémisphère sud. Elle comprend quatre étoiles brillantes formant les pointes d'une croix.
Un arbre s'envole dans le ciel pour devenir la Croix du Sud.
Les cultures aborigènes de l'Australie ont de nombreuses légendes à propos de choses qui ne sont pas permises, comme la consommation de certains aliments ou le mariage entre proches parents. Dans ces légendes, les personnages qui ne respectent pas les règles sont punis. Les personnages qui se conduisent bien deviennent parfois des étoiles afin de rappeler aux gens comment ils devraient se comporter. Dans l'une de ces légendes, le Grand Esprit Baiame créa deux hommes et une femme, et leur montra quelles plantes manger et comment récolter des racines. Baiame leur prescrivit également de ne pas tuer d'animaux. Mais lorsque survint une sécheresse et que les plantes moururent, la femme tenta de persuader les hommes d'aller à la chasse et de tuer un animal pour pouvoir manger. L'un des deux hommes accepta et tua un kangourou mais l'autre refusa de manger toute créature de Baiame. Il alla dans le désert et tomba épuisé sous un gommier. Pendant qu'il dormait, le Yowi, esprit de la mort, descendit et le tira dans l'arbre, dérangeant deux calopsittes blanches qui nichaient dans l'arbre. L'arbre entier s'envola dans le ciel pour former la Croix du Sud. Les quatre étoiles de la Croix du Sud représentent les yeux de l'homme et du Yowi, et les pointeurs les deux calopsittes qui tentent de regagner leur nid dans le gommier.
Les Nuages de Magellan
Ces deux petites galaxies visibles de l'hémisphère sud sont les camps aborigènes d'un vieil homme et d'une vieille femme.
Pour les petites bandes nomades dont les membres dépendaient étroitement les uns des autres pour leur survie, il était très important que chacun obéisse aux règles de la communauté. En plus de légendes sur la nourriture, les étoiles figurent dans de nombreuses légendes sur la bonne manière de se conduire. Dans l'une de ces légendes, le Grand Nuage de Magellan et le Petit Nuage de Magellan sont les camps d'un vieil homme et d'une vieille femme trop âgés et trop faibles pour chasser et cueillir leur nourriture. L'espace entre les deux nuages représente le feu pour faire cuire leurs aliments. Les jeunes, représentés par des étoiles, attrapent des poissons et cueillent des bulbes de nénuphar dans la rivière céleste (la Voie Lactée) pour les apporter au vieux couple qui les fait cuire. Près de là, l'étoile brillante Achernar représente leur repas. Lorsque les Nuages de Magellan apparaissent dans le ciel, cette légende est racontée - ou chantée - afin de rappeler à tous de prendre soin des personnes âgées et d'être attentifs à leurs besoins. | |
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Légende des Indes
Nandi Vishala
Nandi Vishala était une vache heureuse. Elle vivait dans la maison d'un brahmane à qui elle avait été offerte. Il en prenait grand soin. Tous les jours,lebrahmane travaillait dans les champs avec Nandi Vishala et rentrait pour la nourrir, la brosser. C'était sa seule amie. Il se surprenait même à lui parler !! Un jour, Nandi Vishala se dit " Mon maître a toujours été bon pour moi, je vais essayer de l'aider!" - Mon bon maître, dit-elle à haute voix, écoute-moi bien et fais exactement ce que je te dis. Va trouver le plus riche marchand de la ville et propose-lui un marché: parie toutes tes économies en lui disant que ta vache est la seule de la ville capable de tirer 100 charrettes remplies de sable et de cailloux... Le brahmane se retourna pour voir qui lui parlait. "Je dois être fou, pensa-t-il, voila maintenant que j'entends des voix!". - Non mon maître, tu n'es pas fou et c'est bien moi, Nandi Vishala qui te parle, poursuivit-elle en devinant les pensées de son maître. - Alors c'est vrai?!! C'est bien ma vache qui me parle?... s'exclama-t-il encore retourné, avant de se reprendre : - Mais que me proposes-tu là? Parier toutes mes économies et ainsi perdre le bénéfice de toute une vie? Jamais! - N'as-tu donc pas confiance en moi sur qui tu as toujours pu compter? s'étonna Nandi Vishala. Va et fais ce que je te dis de faire, insista-telle. Crois-en moi! Le brahmane réfléchit quelques instants et décida de se lancer. Après tout, Nandi Vishala n'avait-elle pas toujours été une bonne vache sur laquelle il avait toujours pu compter, en toute circonstances?....
Le lendemain matin, notre homme s'en alla alors rendre visite au plus gros négociant du village. Il trouva celui-ci de fort bonne humeur et voici ce qu'il lui dit: - Pouvez-vous me dire, Monsieur, quelles sont les bêtes les plus fortes des alentours? - Pour sûr que je peux te le dire, mon ami, ce sont les miennes! Les plus belles vaches et les plus puissantes, ça, tu peux me croire! - Attendez seulement d'avoir vu la mienne et je vous parie que vous changerez d'avis! - Oh oh! Mais tu es bien hardi! Tu me plais. Eh bien soit, dis-moi où tu veux en venir? - Je vous parie 1000 roupies que ma vache peut tirer 100 charrettes pleines de sable et de cailloux sur plusieurs centaines de mètres... Le sourire fendant son visage en deux, le négociant qui n'en croyait pas ses oreilles décida sur le champ de donner une bonne leçon à ce brahmane un peu trop présomptueux, et lui dit: - Pari tenu! Je suis bien impatient de voir ça! Mes vaches toutes puissantes qu'elles sont, en seraient bien incapables. Rendez-vous fut donc pris pour le lendemain. Nandi Vishala et son maître arrivèrent de bonne heure. Les charrettes étaient déjà remplies et tout était en ordre. Le marchand leur expliqua: - Pour gagner tes 1000 roupies, voilà ce que devra faire ta vache. Je reste devant cet arbre d'où elle partira. Elle doit tirer jusqu'à ce que la dernière charrette soit devant moi. Es-tu d'accord? - Entendu! dit le brahmane. Ce dernier commençait sérieusement à réfléchir. En effet, sa vache lui avait assuré qu'elle ne pouvait échouer et il s'imaginait déjà ce qu'il ferait des 1000 roupies qu'il allait gagner si facilement. A cette pensée, il changea tout à coup et se mit sur la première des charrettes où Nandi Vishala était déjà attelée. - Allez, avance, cria-t-il brusquement. Surprise du ton qu'il avait adopté, la vache resta interdite. -Mais vas-tu avancer, oui? Fainéante! dit encore le brahmane qui eut tout à coup peur de perdre son pari. Le marchand riait à gorge déployée des efforts de son adversaire. Nandi Vishala , quant à elle, était furieuse d'être traitée ainsi alors qu'elle avait toujours rendu service à son maître. Elle décida de lui jouer un tour et refusa d'avancer d'un centimètre. Après quelques tentatives infructueuses où le brahmane s'évertua à injurier sa vache, il dut enfin renoncer. - Allez! dit le marchand toujours en riant. Tu ne croyais pas sérieusement qu'une seule vache, aussi forte qu'elle puisse être, pourrait le faire, si? Le brahmane ne répondit rien et lui donna les 1000 roupies, ses économies de plusieurs années.
Il rentra tristement sans mot dire, suivi de sa vache. Pendant plusieurs jours, le brahmane ne parla plus, ni ne dormit. Nandi Vishala n'était plus en colère et se trouvait même ennuyée du tour qu'elle lui avait joué. Certes, son maître méritait une leçon mais il n'était pas méchant. Elle lui parla à nouveau: - Eh bien mon maître, qu'as-tu? - Comment, qu'est-ce que j'ai? répondit-il encore furieux. Tu m'as promis que je gagnerai 1000 roupies et voilà que j'ai perdu toutes mes économies! Je suis un homme ruiné. - Pourquoi m'as-tu insultée ce jour-là? T'ai-je jamais désobéi auparavant? Ai-je jamais reculé devant le travail? Tu n'avais pas le droit de me traiter ainsi. Réfléchissant, le brahmane se repentit : - Pardon, mon amie. C'est vrai j'ai perdu mon sang-froid que l'autre jour, mais aujourd'hui me voilà bien puni, confessa-t-il. - Tu as toujours été bon pour moi, je veux bien t'aider à nouveau. Retourne voir le marchand et fais le même pari mais cette fois,
la mise en jeu sera de 2000 roupies. - Comment? Mais je ne les ai pas! s'écria l'homme. - Fais-moi confiance! Si tu redeviens le gentil maître que j'ai toujours connu, je t'assure que tu n'auras pas à le regretter. Rassuré, le brahmane retourna voir le marchand. Cette fois, ce dernier éclata franchement de rire: - Décidément, je ne te comprends pas! Tu as déjà joué une fois et tu as perdu. Et te revoilà devant moi, en pariant cette fois le double de la première mise? Non, je ne comprends plus mais j'aime les gens un peu fous et j'accepte ton nouveau pari. - Cela est dit. A demain donc! dit le brahmane en souriant. Le lendemain, le brahmane et sa vache furent à l'heure au rendez-vous. L'homme n'en menait pas large car il savait que s'il perdait, il serait dans une très mauvaise passe. Mais les doux yeux de Nandi Vishala le rassurèrent quelque peu.
Tout se passa sans problème. Le brahmane attela sa vache à la première voiture et monta pour prendre les rênes. Puis, il lança, le coeur battant: - Allez, mon amie! Avance doucement! Voilà... Et Nandi Vishala tira les 100 charrettes sur plus de cinq cent mètres, sans efforts apparents... Le marchant ouvrait de grands yeux! Impossible qu'une vache soit aussi forte. Il interpella le brahmane: - Bravo, tu as gagné! Voilà tes 2000 roupies, tu les as bien méritées! Dis-moi, combien vends-tu ta vache? Je t'en donne 3000 roupies! - Oh monsieur, vous n'y pensez pas! Nandi Vishala est ma meilleure amie et j'ai compris maintenant que cela n'avait pas de prix! Mais merci, et à bientôt! Le riche marchand n'en revenait pas! Décidément, ce brahmane était fou: refuser 3000 roupies pour une vache, cela ne s'était jamais vu!!.
Le brahmane rentra chez lui avec ses 2000 roupies, le coeur léger. Il remercia sa vache: - Et surtout merci de m'avoir donné cette leçon. Je sais désormais que l'argent n'est pas tout ! Et je continuerai à prendre soin de toi, comme auparavant | |
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Légendes Inuit
La légende de la déesse Sedna
Sedna est encore aujourd’hui une légende très connue des Inuit, et il existe autant de versions que de villages. Une jeune fille vivait solitaire avec son père, veuf. Par ruse, elle fût séduite et se maria ( là, les versions sont variées, avec un chaman, un homme-oiseau ou un homme-chien) Après quelques temps sur son île lointaine, son père entendit des plaintes au delà de la mer: c’était sa fille qui était maltraitée. Il embarqua sur son kayak pour aller la chercher et il reprit la mer avec sa fille. Son mari voyant Sedna s’enfuir et doté de pouvoirs surnaturels ordonna à la mer de se déchaîner.
Voyant la mort arriver, le père sacrifia Sedna en la jetant à la mer, mais celle-ci, s'agrippant au bord mettait l'embarcation en péril. Le père coupa alors les doigts de Sedna et ils devinrent poissons, les pouces et les mains et ils devinrent phoques, baleines et tous les animaux marins. Sedna coula au fond de l'eau où elle réside encore comme déesse de la mer. Quand la chasse n’est pas bonne ou que la mer est démontée, la croyance est que Sedna est en colère car ses cheveux sont emmêlés et, n’ayant plus de mains, elle ne peut les peigner. C’est alors que les chamans, par leur magie, arrivent à aller peigner Sedna et ainsi reviennent le calme et les animaux. Cette légende fait en sorte que les chasseurs vivent dans l'obligation de traiter la mer et les femmes avec respect.
A l'origine du monde, il n'y avait qu'un Homme et une Femme, sans aucun animal. La Femme demanda à Kaïla, le dieu du ciel, de peupler la terre. Il l'envoya creuser un trou dans la banquise pour pêcher. Elle sortit alors du trou, un à un, tous les animaux. Le caribou fut le dernier. Kaïla lui dit que le caribou était son cadeau, le plus beau qu'il puisse faire, car il nourrirait son peuple. Le caribou se multiplia et les fils purent le chasser, manger sa chair, confectionner des habits et des tentes. Cependant, les fils choisissaient toujours les caribous les plus beaux, les plus gras. Un jour, il ne resta plus que les faibles et les malades dont les Inuits ne voulurent pas. La Femme se plaignit alors à Kaïla. Il la renvoya sur la banquise et elle y pêcha le loup, envoyé par Amorak, l'esprit du loup, pour qu'il mange les animaux faibles et malades afin de maintenir l'ensemble des caribous en bonne santé. | |
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