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    October 30

    les contes de la Crypte

     
     
     
     
     

    Alexandre, jeune journaliste célibataire, décide d'aller à Peyrehorade afin de faire un reportage sur la rumeur de cette petite ville réputée pour sa forêt regorgeant d'une grande variété d'animaux sauvages. ( En effet, il existe une rumeur dans laquelle il est dit qu'un mutant aurait habité la forêt de cette ville.)

    Le jeune homme arrive l'après-midi à l'hôtel du village, dépose ses bagages dans la chambre, prend son inséparable appareil photo, et sort visiter le quartier ainsi que la forêt si mystérieuse à ses yeux.

    C'était un très beau quartier embelli par des dizaines de fleurs multicolores, en particulier des hortensias. A l'entrée de la forêt, une vieille femme l'arrête et lui dit :

    " - Mon cher ami, je vous déconseille d'aller là-bas, car à ce que je sache le mutant est toujours vivant.

    Madame, j'espère que ceci n’est pas une blague ou alors vous me le paierez très cher, je suis en reportage pour cette affaire et il me faut absolument ce scoop.
    Asseyez-vous alors, que je vous raconte l'histoire. "
    Alexandre s'assit par terre, prêt à écouter le moindre détail de ce que la vieille dame allait dire.

    " - Tout cela a commencé il y a environ cinq ans. Pendant cette période, dans le village régnait le calme et le bonheur. Les maisons étaient et le sont jusqu'à présent belles, décorées par d'immenses hortensias multicolores.

    Dans l'une d'entre elles, habitait un jeune homme du nom d'Erwan, très aimé par sa famille, ses amis et particulièrement par sa fiancé Silvia et par son meilleur ami Martin, un étranger alchimiste.

    Ce beau jeune homme avait des cheveux bruns ondulés et des yeux noisette très souvent rieurs. Erwan était très recherché par les filles, sa gourmandise beauté, son intelligence ainsi que sa douceur les charmaient.

    Un jour Martin invita Erwan pour qu'il puisse l'aider à faire une expérience sur une souris et, qui sait si elle ne durerait pas plus d'une semaine:

    " - Alors on se voit demain après-midi ? demanda Martin.

    - Sans problème! lui répondit Erwan, Allez salut! "

    Le lendemain le jeune homme se réveilla, excité comme une puce et commença à arranger ses affaires pour l'après-midi. A la sortie du cours de l’université, les deux amis se dirigèrent vers la maison de Martin et entamèrent une discussion :

    " - Je te remercie beaucoup de m'avoir invité, je suis tout excité de commencer cette expérience ; à propos ne sois pas étonné si tu me vois fouiller un peu partout car je suis très curieux, mais ne t’inquiètes pas, dit Erwan, je me tiendrai tranquille.

    - J’espère bien car je ne voudrais surtout pas que tu touches à ma découverte.

    Une découverte dis-tu! s'exclama soudainement Erwan dont le visage s'illumina subitement.
    Oui, j'ai découvert non loin d'ici dans une des grottes, une fiole et un livre je ne les ai pas tout à fait examiné‚ je t'en conjure, n'y touches pas car cela peut être très dangereux, compris ?
    Je te le promets. "
    Arrivé au laboratoire, situé derrière la maison, ils débutèrent l'expérience.

    Au fil des jours, le jeune homme avait du mal à tenir sa promesse, il ne pouvait cesser de contempler ces objets mystérieux et d'en deviner le contenu. Il n'en pouvait plus, la curiosité et l'impatience le rongeant il se précipite sur les objets, les bouscule par inadvertance et là, on entend un bruit de verre ainsi qu'un puissant cri d'horreur s’échappant de la salle ; certains dirent avoir vu une terrifiante créature verte sortir du laboratoire en direction de la forêt.

    Martin après avoir été longuement choqué par la scène, se dirigea pour ramasser les morceaux de la fiole lorsque tout d'un coup il remarqua une languette de papier (qui devait sûrement appartenir à la fiole) dans laquelle il était inscrit: " Si tu bois cette potion jamais tu ne seras le même ".

    A ce moment là, Martin réalisa enfin l'importance du drame; il regarda le livre, le prit et commença à l'analyser ; le livre était intitulé : " Secret de la transformation ".

    Il s'agissait d'un savant fou SIRIUS qui se transforma en mutant accidentellement à cause d'une potion inventée. Il écrivit ce livre avant de se suicider avec une autre potion destructrice qu'il conserva au cas où un malheureux imprudent essaie de jouer avec (cette métamorphose était contagieuse).

    Le jeune alchimiste n'avait plus qu'un seul but : détruire ce danger pour la ville c’est à dire trouver la fiole destructrice. "

     - C'est une bien triste et horrible histoire, coupa Alexandre.

    - Je le sais ; désirez-vous connaître la suite ? questionna la vieille dame. 

     

    "  Donc, suite à cela des événements étranges se produisirent : on retrouvait de plus en plus de gens morts au bord de la forêt ainsi que des enfants portés depuis longtemps disparus.

    Des hurlements hors du commun se faisaient entendre par les villageois terrifiés. Les habitants conclurent qu'il y avait une malédiction. De plus, la disparition d'Erwan les inquiétait, surtout Silvia. Martin ne cessait de dire que le mutant n'était en fait que le pauvre Erwan, mais peu de gens le crurent. L'inquiétude faisait ronger la jeune Sylvia, une très belle jeune fille aux cheveux soyeux dont le bleu des yeux ressemblait à celui de la mer et qui avait un gracieux port de tête. Elle était réservée, discrète, modeste et très peureuse. Quelques jours après, un grand jeune homme vantard se proposa de combattre ce fléau qui hantait la forêt. La semaine suivante, il fit le fier et dit :

    " Je vous rapporterai ce soi-disant monstre dans deux jours, cela ne me prendra pas beaucoup de temps. "

    Pendant ce temps dans l'une des grottes de la ville, Martin cherchait la fiole antidote. Après plusieurs heures de recherche, il trouva le fameux objet.

    Cette nuit-là n’était pas comme les autres : les bruits des animaux sauvages étaient plus effrayants que d'habitude, les enfants pleuraient et les parents terrifiés tremblaient de la tête aux pieds. Soudain un bruit surnaturel se fit entendre.

    Jamais les hommes n’avaient entendu un bruit aussi meurtrier. Deux jours plus tard, on retrouva le corps mort du jeune Rodolphe à l'entrée de la forêt ; ses habits étaient déchirés, et son corps marqué par d'énormes traces de griffures encore sanglantes.

    Les villageois conclurent qu'il fallait détruire à tout prix ce monstre. Ils se mirent d'accord avec Martin pour piéger la créature.

    Il fallut deux mois pour élaborer cette embuscade dont le village dépendait.

    Le soir suivant, le piège fut prêt : quatre hommes grands et musclés prirent Silvia comme appât.

    Attiré par sa beauté, le monstre ne put qu'avancer et se fit prendre. Immédiatement les villageois le rouèrent de coups sans pitié. Martin se jeta sur lui pour lui verser le liquide destructeur.

    Alors les habitants se dispersèrent pour observer le monstre gémir. Il furent dégoûtés lorsqu'ils aperçurent la monstrueuse figure du mutant. Il avait les yeux jaunes, des lèvres gélatineuses et verdâtres, des dents sales mais tranchantes. Sa tête avait la forme d'une pastèque, et, à la place des cheveux elle était recouverte de taches brunes. Le monstre n'avait pas de nez et n'avait que trois doigts, mais était incroyablement grand et musclé. Le monstre fut abattu. Pourtant Silvia ne passa pas une très bonne nuit : le mutant était-il vraiment mort ?

    Le lendemain elle demanda aux hommes de déterrer la bête pour vérifier si elle était encore sous terre, un frisson leur parcourut le dos : LE MUTANT AVAIT DISPARU !!! "

     

     - Elle est vraiment effrayante votre histoire, dit le journaliste

    - Je le sais , répondit la vieille dame, alors un conseil : n'y allez pas. "

    Elle dit au revoir.

    Après quelques instants, Alexandre se dirigea vers la forêt quand il aperçut deux yeux qui le regardaient…

    Une semaine plus tard, on a retrouvé le jeune homme mort devant la forêt !

     

     
     
     
     
     

    Le onze mars mil neuf cent quatre-vingt-cinq, j’allais au restaurant avec des amis. Arrivés au restaurant, on s’assit au tour d’une table. On commanda des boissons, puis on se raconta des histoires à tour de rôle, que chacun d’entre nous avait vécues.

    A mon tour je me souvins d’une histoire que j’avais vécue lors de mes vacances d’été en mille neuf cent quatre-vingt-quatre à PRAGUE, c’est à dire l’année précédente. Cette histoire m’avait terriblement marqué, je commençais ainsi :

    " Ma cousine Caroline avait huit ans. Sa mère était morte depuis quelques années. Elle vivait avec son père. Tous les samedis, il l’emmenait se balader en ville. Ce samedi puisque j’étais présent, je les accompagnais. Arrivés dans la boutique, nous visitâmes le magasin. Ma cousine se dirigea vers les jouets. Elle fut attirée par deux poupées : L’une brune, l’autre blonde. Son père se dirigea vers les livres, il aimait la lecture. J’étais à côté d’elle et elle me demanda de l’aider à choisir. Pour finir, elle choisit la poupée brune qui était habillée d’une robe noire et rouge qu’elle avait décidé nommer Charline.

    A vrai dire, cette poupée nous attirait ma cousine et moi. Je ne savais pas si c’était son habit noir et rouge qui retenait notre attention ou ses lèvres noires.

    Nous nous dirigeâmes vers la caisse où nous trouvions son père qui discutait avec le caissier.

    C’était un vieillard chauve, voûté, qui avait une voit troublée. Vêtu simplement, peu actif comme le caméléon, ses vêtements étaient sombres. Lorsque nous entrâmes à la maison, nous déposâmes les articles que nous avions achetés, ma cousine déposa sa nouvelle poupée sur son lit et nous repartîmes dîner au restaurant.

    La soirée se passa bien, on rigola, on s’amusa et quelques heures plus tard nous rentrâmes à la maison et nous trouvâmes la télévision allumée, des pièces de la maison éclairées et saccagées comme si quelqu’un était à la recherche de quelque chose. Mon oncle pensa que des cambrioleurs avaient squattés la maison, alors il décida d’appeler la police. Les policiers vinrent, fouillèrent la maison pour essayer de trouver des indices car, on aurait dit que le cambrioleur venait de l’intérieur.

    Deux heures plus tard, nous étions en train de ranger tout le désordre lorsque le téléphone sonna ! Mon oncle répondit. Il fut bref au téléphone. Ensuite il m’appela ainsi que ma cousine ma cousine pour nous annoncer que notre grand-mère allait nous rendre une visite.

    Le lendemain, ma cousine et moi étions en train de jouer lorsque tout à coup, on entendit une voiture arriver : c’était grand-mère.

    Lorsqu’elle descendit de sa voiture, elle avait les bras pleins de cadeaux qui nous étaient destinés. On courut vers elle en disant :

    " Bonjour grand-mère ! Bonjour mamie ! "

    Elle était si heureuse qu’elle nous répondit en souriant :

    " - Bonjour mes petits enfants ! Je suis très contente de vous voir ! Qu’est ce que tu as dans la main Caroline ? Questionna grand-mère.

    - C’est ma nouvelle poupée Mamie.

    - Et toi Sylvain tes vacances se passent-elles bien chez ton oncle ?

    - Oui Mamie tout se passe à merveille ! "

    Après le dîner, ma cousine montra à notre grand-mère la poupée que son père lui avait achetée. Lorsqu’elle la vit, elle se mit à nous raconter une histoire que des gens de son village racontaient à l’époque de son adolescence. Ils disaient qu’il existait, quelque part sur Terre, une poupée maléfique avec des lèvres noires, qui existait en un unique exemplaire, et que toute personne la possédant aurait des membres de sa famille qui mouraient subitement.

    Après cette histoire à dormir debout, tout le monde partit se coucher. Le lendemain, notre grand-mère partit en voiture sans prévenir personne. Mon oncle et ma cousine ne crurent pas en l’histoire de grand-mère. Mon oncle disait :

    " - Les histoires surnaturelles sont des histoires montées de toutes pièces par des individus qui ne savent que faire de leur temps libre ou par des individus qui ont une imagination fertile. "

    Les jours passèrent, ma cousine s’occupa toujours aussi bien de sa poupée, malgré les avertissements que notre grand-mère nous avait fait parvenir en racontant son histoire et les faits étranges qui s’étaient produits.

    Un beau jour, ma cousine entendit une musique envoûtante pendant son sommeil. De peur, elle alla dans la chambre de son papa, lui raconta ce qui venait de se produire et elle lui demanda si elle pouvait dormir avec lui. Son père pensait qu’elle avait fait un cauchemar, et lui dit que si elle le voulait, elle pouvait dormir avec lui.

    Elle resta avec son père et s’endormit.

    Une semaine plus tard, mon oncle, à son tour entendit quelque chose. Cette fois si c’était différent : c’était une voix d’enfant. Au début, il pensait que c’était Caroline mais elle était à l’école. La voix semblait venir du canapé, qui n’était pas loin du fauteuil dans lequel mon oncle se trouvait alors.

    La voix disait :

    " Si tu ne m’aimes pas tu périras. "

    Mon oncle alla voir d’où cela provenait et ne vit que la poupée de Caroline, allongée, les yeux grands ouverts avec un petit sourire. Mon oncle se posait des questions. Il était effrayé, tremblait et ne savait que faire. Il se sentait fatigué et alla se coucher.

    Une heure plus tard, il me prévint qu’il allait dans le garage pour le ranger et le nettoyer ; je me proposais de l’aider. A notre arrivée, nous vîmes la poupée posée sur le capot de la voiture.

    Mon oncle me demanda si c’était moi qui l’avais posée là et je lui répondis que depuis mon arrivée, je n’avais pas mis les pieds dans le garage.

    Mon oncle se demanda qui avait pu la déposer et s’évanouit.

    Quinze minutes après mon appel, une ambulance arriva. Les médecins me dirent qu’il devait rester une semaine à l’hôpital. La semaine passa rapidement et mon oncle revint à la maison. Plus le temps s’écoulait, plus des phénomènes étranges se produisaient.

    Mon oncle commençait à se douter de quelque chose, jusqu’au jour où il reçut un appel. La personne qui l’avait appelé l’avertit en lui disant :

    " Faites attention ! Elle détruit les familles qui la possèdent, elle tue ceux qui ne l’aiment pas et apporte le malheur. "

    Mon oncle n’eut pas le temps de lui demander son nom que cette personne avait déjà raccroché. Trois jours plus tard, il décida de faire le point sur le nombre de phénomènes étranges qui s’étaient produits ces dernières semaines. Là, il était sûr qu’il se passait quelque chose d’étrange dans cette maison. Il se demanda d’où pouvait provenir ce malheur.

    Le lendemain, l’hôpital de St. Frank appela mon oncle pour lui annoncer que sa sœur venait de décéder dans un accident de voiture. Cinq jours après, ma cousine se rendit chez notre grand-mère avec sa poupée. Le lendemain la grand-mère fut retrouvée morte, poignardée, ficelée de partout. La police trouva des traces de main d’enfant sur le couteau. Caroline avait assisté à la mort de sa grand-mère.

    La police accusa Caroline car il n’y avait aucune trace d’effraction et aussi à cause des traces de doigts sur le couteau. Elle fut vite innocentée car ce n’était pas ses empreintes. Le lendemain matin, Caroline vint me voir et m’avoua avoir assisté à la mort de sa grand-mère mais n’avait pu voir le meurtrier. Elle me raconta le déroulement du meurtre :

    " En allant me servir à boire à la cuisine, j’entendis des bruits et ensuite des hurlements qui disaient au secours, à l’aide. Alors de peur, je me suis cachée derrière la porte, et j’ai regardé par la serrure. Je vis notre grand-mère allongée par terre enroulée de ficelles de cuisine et les yeux bandés, elle avait le bras plein de sang, je vis une lame de couteau lui rentrer dans le ventre puis dans la tête. "

    Après m’avoir raconté son histoire, elle me fit promettre de ne rien révéler. Tout le monde était triste lorsque tout à coup, j’entendis des cris et des hurlements dans l’escalier. Je m’y rendis et aperçut Stéphanie la servante, les yeux bandés, ligotée et poignardée de toutes parts.

    A l’arrivée de la police, ma cousine se décida à tout raconter sur la mort de sa grand-mère.

    Vu les circonstances identiques des trois meurtres, les policiers en conclurent que le coupable n’était qu’une seule et même personne. Les policiers partirent. Nous allâmes tous nous coucher en nous enfermant dans nos chambres. Le lendemain matin, ma cousine et moi allâmes déjeuner, et contrairement à d’habitude, nous ne vîmes pas le père de Caroline à table pour le déjeuner. Nous décidâmes d’aller le chercher dans sa chambre. Arrivés devant la porte, nous essayâmes d’entrer mais la porte était verrouillée alors nous allâmes chercher le double des clefs.

    Une fois entrés dans la chambre, on ne vit personne, lorsque tout à coup, le placard s’ouvrit et le père de Caroline en tomba. Il était ligoté, la bouche scotchée : il avait été poignardé de partout, comme la grand-mère et la servante de Caroline. Depuis que Caroline vit son père gisant sur le sol dans une mare de sang, elle devint folle et dut être hospitalisée dans un asile.

    Le lendemain je repartis chez moi et quelques mois plus tard, j’appris que ma cousine s’était enfuie de l’asile et qu’elle avait été retrouvée morte. Charline fut retrouvée assise à côté d’un cadavre, avec dans la main, un poignard ensanglanté. "

    Et voilà, mon histoire se termine là !

     
     
     
     
    D'abord je sentis comme un picotement du côté de ma cuisse droite. Ensuite, une forte douleur me fit me tordre en deux. J'étais très fatigué, j'avais soif, et un soleil brûlant m'aveuglait. Des mouches et des guèpes bourdonnaient autour de moi, je ne pouvais plus faire un geste, et tous mes sens étaient troublés.
    Je ne pourrais dire si j'étais debout ou couché lorsque cela m'arriva, mais je me souviens très bien que je fus traîné sur le sol d'une façon assez soudaine sans pouvoir opposer la moindre résistance. Mon coeur battait très fort dans ma poitrine et jusque dans mes tempes. J'étais balancé dans tous les sens, et parfois j'avais l'impression que quelqu'un soulevait mon corps. J'avais l'estomac vide, mais mon ventre gargouillait. Bientôt, j'eus envie de vomir.
    J'aurais dû éprouver une très grande peur, mais je me rendais tellement peu compte de ce qui m'arrivait, et les choses allaient tellement vite, que je ne ressentais qu'une angoisse indistincte dont je ne parvenais pas encore à déterminer la cause. Un certain nombre de pensées assez confuses se bousculaient dans ma tête. Je voyais notamment l'image d'une femme que je ne connaissais pas. Elle était belle, mais semblait très triste. Je n'arrivais pas à me souvenir si j'étais marié. Je voyais aussi des images d'endroits qui m'avaient sans doute été familiers, mais tout restait vague. J'avais l'impression qu'une voix inconnue me disait que cette fois j'avais tout perdu, et que je ne me relèverais pas. J'étais couvert de sueur, de sang, et de poussière. J'entendais des bruits d'armes qui s'entrechoquent, et des cris parmi lesquels je ne distinguais que quelques bribes de paroles.
    Soudain, les douleurs devinrent plus vives. Je sentis quelque chose pénétrer dans mon ventre, et un frisson glacé traversa mon corps des tempes à la pointe des pieds. J'ai dû beaucoup crier, mais je ne m'en souviens pas. Je me sentais faiblir. Une odeur de chait ouverte me montait dans les narines, j'étais sur le point de suffoquer et de perdre connaissance. Je savais qu'il n'y avait plus rien à espérer, et je me laissais faire. Je sentais un étrange souffle sur ma peau nue.
    Tout d'un coup, je me souvins que j'étais gladiateur, et qu'un tigre était occupé à me dévorer."
     
     
     

     
     
     

    De Mélissa
    La bague maléfique
    Un jour, des jeunes mariés partirent en voyage de noces. Ils étaient sur la route quand soudain ils tombèrent en panne devant un beau château.
    Une vielle dame arriva et elle leur dit :
    "Venez passer la nuit au château pendant que nous pourrons réparer votre voiture et vous pourrez repartir demain.
    Donc, le soir venu, pendant le dîner la jeune mariée remarquai la belle bague que la vielle dame avait au doigt. La jeune fille la trouvait tellement belle qu'elle la voulait.
    Donc pendant la nuit elle alla dans la chambre de la vielle dame. Celle-ci dormait dans un sommeil profond et n'entendait rien
    La jeune fille essaya de lui retirer la bague mais rien à faire elle était coincée.
    C'est a ce moment-là que la jeune fille vit un couteau sur la table de chevet de la vieille dame, elle le prit, et coupa le doigt de la dame. La vielle dame ne sentit rien et ne se réveilla pas alors la jeune fille
    effrayée partit en courant.
    Le lendemain, en partant les jeunes mariés saluèrent tout le monde mais ils ne virent pas la vielle dame.
    Quelques jours plus tard dans la soirée la jeune fille était toute seule chez elle en train de regarder la télévision, quand elle entendit un bruit dans le grenier. Tout d'abord elle pensa que c'était les rats mais elle entendit une deuxième fois le bruit. Elle décida de monter.
    Arrivée en haut elle inspecta le grenier mais il n'y avait rien.
    Mais au moment ou elle se retourna elle vit la vielle dame qui disait " je veux mon doigt, je veux mon doigt >>
    On ne connaît pas la suite de l'histoire et on n'a jamais plus entendu parler de la jeune fille … on n'a d'ailleurs jamais entendu parler de la vieille dame non plus … mais si un jour vous croisez dans un château une vieille dame avec 6 doigts avec des bagues magnifiques, n'essayez pas de lui couper un doigt pour récupérer une bague … d'ailleurs qui sait si la vieille dame n'a pas aujourd'hui 7, voire 8 doigts ….

     
     
     
     le livre de votre vie

    C'est l'histoire d'un jeune couple qui venait d'aménager dans un vieux manoir sombre. La première nuit, la jeune femme ne se sentait pas rassurée; malgré tout ce que lui disait son mari pour la rassurer, elle n'arrivait pas à dormir. Afin de se changer les idées, elle décida d'aller dans la bibliothèque et de lire un peu. Elle prit un livre au hasard. Il n'y avait que des images.
    Sur la 1ere image, elle vit une femme qui lui ressemblait, dans une bibliothèque, avec un livre dans les mains; mais elle n'y fit pas attention.
    A la 2e page, elle vit la même femme mais derrière celle-ci, la porte de la bibliothèque s'ouvrait; elle se retourna, la porte était fermée.
    Sur la 3e page, la porte était grande ouverte et un homme sans visage était entré; elle regarda par dessus son épaule, il n'y avait rien, elle alla fermer la porte à clef.
    Elle regarda la dernière page du livre, l'homme était juste derrière elle, le bras levé tenant un couteau...
    Le lendemain matin, le mari se réveilla et ne trouva pas son épouse, il l'appela et se décida à aller voir dans la bibliothèque. Il trouva la porte fermée, il frappa mais rien. Inquiété, il enfonça la porte et trouva ... sa
    femme poignardée...

     

     

     

     

     
     
     

    ll était une fois, dans un pays où les hivers sont beaux comme dans les contes de fées, un enfant musicien. Il avait de toutes petites mains, mais il jouait si bien que tous les princes et les seigneurs de la ville l'invitaient dans leurs salons pour l'entendre jouer du violon.


    Quand il jouait, les oiseaux s'arrêtaient de chanter, la neige de tomber, les enfants de se disputer, les grincheux de ronchonner. Et, quand il achevait son morceau, tous ceux qui l'avaient écouté étaient joyeux comme si plus rien d'ennuyeux ne pouvait exister au monde. Dans cette même ville, vivait un riche seigneur qui habitait un palais hanté par des créatures étranges : des fantômes qui, chaque nuit, venaient danser dans son salon, et faisaient tant de bruit que le pauvre homme ne pouvait plus dormir, et que tous ses amis, effrayés, ne venaient plus lui rendre visite.
    Il se sentait donc seul et abandonné dans son beau palais hanté.


    Un jour, il entendit parler de l'enfant musicien qui effaçait les ennuis sur son chemin et il lui écrivit une lettre en forme de poème :
    "S'il te plaît, petit garçon, viens jouer dans ma maison, pour chasser les cent démons qui dansent dans mon salon".
    Après avoir lu cette lettre, l'enfant saisit son violon et, malgré le froid et la neige qui régnaient à ce moment là sur la ville, se mit à chercher cet étrange palais hanté.


    Il marcha toute la journée, dans toutes les ruelles. Il se trompa bien des fois de porte. On lui indiqua bien souvent le mauvais chemin. Mais il finit tout de même par arriver chez le seigneur à la tombée de la nuit.
    Le seigneur l'installa dans une chambre confortable où flambait un grand feu, et lui dit :
    - Je te remercie d'être venu ! A présent, repose-toi un peu... Mais tu verras : les fantômes font un tel charivari que je serais bien surpris si tu arrivais à fermer l'œil de la nuit.


    Le petit garçon se coucha et, comme il était très fatigué de sa longue marche, il s'endormit profondément. Au milieu de la nuit, un épouvantable bruit le réveilla. Le seigneur n'avait pas menti : c'était un vrai charivari ! Alors l'enfant se leva, pris son violon et descendit au salon...
    Quand il fut en bas, il ne put en croire ses yeux : des dizaines de fantômes dansaient, couraient, faisaient des sauts et des cabrioles sur les tapis et sur les meubles. Mais il piétinait sans musique en chantant de leur voix grinçante.
    Tout cela donnait un bal étrange, plein de cris, de ricanements, de gloussements, de craquements...
    Le petit garçon eut alors une idée. Pour obtenir le silence, il frappa de son archet le manche de son violon et cria :
    - qu'est-ce qu'un bal sans musique ? Qu'est ce que c'est que cette chanson sans violon ? Si vous voulez vous amuser, vous feriez mieux de m'écouter...

    Tous les fantômes se regardèrent d'un air étonné. Puis ils se mirent à parler tout ensemble pour savoir ce qu'ils devaient décider. Ils tinrent conseil un long moment et, à la fin, ils déclarèrent :
    - montre-nous ce que tu sais faire !
    L'enfant musicien installa son violon sous son menton, et se mit à jouer une danse entraînante. Mais les fantômes refusèrent de bouger. Ils dirent en traînant les pieds :
    - pour danser cette danse effrénée, il nous faudrait reprendre des forces, et nous n'avons rien à manger !
    Aussitôt, le petit garçon alla frapper à la porte de la chambre du seigneur. Celui-ci apparut en baillant :
    - encore ce charivari ?
    Mais le petit garçon expliqua :
    - il faudrait donner à manger à ces drôles d'invités !
    Le seigneur se fit un peu prier, car il n'avait plus de serviteurs, ni de cuisiniers. Ils s'étaient tous enfuis, l'un après l'autre, nuit après nuit... Malgré tout, il obéit. Il fit cuire de grands rôtis, des légumes, des pâtes et du riz. Il fit même de grands gâteaux aux noix et aux pruneaux. Enfin, il servit tout cela aux fantômes, avec toutes sortes de bons sirops.

    Quand ceux-ci se furent bien régalés, le petit garçon recommença à jouer. Mais ils avaient trop mangé, et se sentaient trop lourds pour danser.
    - joue-nous donc une berceuse, dit l'un d'entre eux.
    L'enfant joua alors un air très doux, et les fantômes s'endormirent. Le seigneur n'était pas content. Il s'écria
    - ils vont s'installer chez moi encore plus confortablement qu'autrefois !
    D'un geste, le petit garçon lui fit signe de se taire. Il laissa les petits monstres ronfler encore un moment, puis il reprit son violon, et joua à nouveau un air très entraînant. Les fantômes se réveillèrent en sursaut. Irrésistiblement entraînés, ils formèrent une farandole dans tous les couloirs du palais...
    - ouvrez la porte qui donne sur le jardin !

     
     

    Chapitre 1
    31 octobre.
    Halloween.
    L'aboiement féroce d'un chien me réveille brutalement.
    Il se rapproche. Je l'entends mais ne le vois pas. Il doit être puissant, très puissant.
    En fait, je l'avoue, j'ai peur.
    Le jour se lève. Le froid matinal de l'automne est humide. Je suis frigorifié, je me sens raide.
    L'aboiement se rapproche, s'arrête et puis plus rien … Je respire.
    Les arbres bruissent doucement. Au loin, le clapotis du ruisseau qui traverse le parc me rassure .
    Ce soir, c'est Halloween.
    J'aime Halloween, ses odeurs de friandises, ses cris d'enfants, des cris de joie, des cris de terreur, des bagarres pour un sachet de bonbons, pour un déguisement !
    Mais ce que je hais le jour d'Halloween, ce sont ces grands oiseaux noirs, corbeaux ou corneilles, je les confonds. Ils portent malheur. Une légende veut que si une plume d'un tel oiseau tombe entre vos deux yeux, le malheur est sur vous …
    Il fait jour. Le soleil se devine dans la brume matinale. Il fait froid et humide.
    Un corbeau croasse au dessus de ma tête..
    Il perd une plume qui tombe, tombe, tombe … entre mes deux yeux …
    Malheur !

    Chapitre 2
    Malheur !
    La plume noire du corbeau est à mes pieds.
    Curieusement, sa hampe est tournée vers moi, accusatrice.
    Je la fixe. Elle me fixe. Le temps est long. Que me veut-elle ? Que me dit-elle ?
    Une brise légère se lève et emporte la plume de malheur. Je suis soulagé. Mais que va-t-il m'arriver en ce jour d'Halloween... ? Que voulait me dire la plume ?
    Le jour d'Halloween, ma plus grande joie est de faire plaisir aux enfants. Ils me le rendent bien. J'en oublierai les prédictions noires de cet oiseau de malheur.
    Brutalement, une sirène de police troue le silence, derrière moi à gauche. Puis une autre sirène, puis une troisième. Les voitures sont rapides. Pourvu qu'il n'y ait pas d'accident. Les accidents du jour d'Halloween sont de mauvais présages.
    Crissement de pneus, derrière moi à gauche puis plus rien. Il faut attendre les nouvelles.
    Un homme promène son chien, téléphone à l'oreille.
    Une femme promène son chien, téléphone à l'oreille.
    Un enfant promène son chien, téléphone à l'oreille.
    En réalité, en cette heure matinale, le parc est envahi de chiens accompagnés de leurs maîtres. Je crois que tous les maîtres téléphonent, tous les chiens pissent. Un chien s'approche de moi...
    Avoir les pieds mouillés le jour d'Halloween, ah ça : non !
    Un petit vent me ramène la plume de malheur, toujours pointée vers moi, accusatrice. Décidément, que me veut-elle ?

    Chapitre 3
    Le chien passe indifférent.
    Devant moi, la voiture de pompiers s'ébranle. Sans bruit.
    C'est bien. Je n'aime pas les hurlements des sirènes de pompiers le jour d'Halloween. C'est mauvais signe.
    A mes pieds la plume a disparu. Je respire, le nez au vent, les yeux fermés. L'air est frais bien que un peu humide. Cela fait du bien.
    Un rouage crisse de manière régulière. Ce bruit m'est familier. C'est comme un ronronnement qui me fait tout oublier. Aujourd'hui c'est Halloween, je verrai des enfants tard dans la nuit. Leurs cris me feront du bien.
    Le crissement s'est arrêté.
    La plume est à mes pieds, sa hampe pointée vers moi. Encore ? ! Que me veut-elle ?
    Réfléchissons. Qui dit corbeau, dit sorcière, qui dit sorcière dit chat noir…
    Je regarde autour de moi. Rien.
    Ou plutôt si : deux yeux me fixent, là-bas, dans les buissons. Des yeux de chat. L'animal s'avance d'un pas, d'un pas de chat donc d'un petit pas silencieux et félin.
    C'est un chat noir !
    Malheur !
    Il étire ses pattes de devant. Miaule. Recule d'un pas. Disparaît dans le buisson. Silencieusement. Et me fixe.
    Il me revient à l'esprit cette histoire horrible où, la nuit d'Halloween, un chat noir avait consciencieusement déchiré tous les rideaux du magnifique château de Hamspotshire, dans le nord de l'Irlande, un château de 56 pièces. Le chat noir s'étirait avant de se lancer sur chaque rideau…
    Je fixe le chat. Le chat me fixe.
    On est le 31 octobre. Ce soir c'est Halloween !
    Ce chat me fait peur.
    Ou est la sorcière ?

    Chapitre 4.
    Je fixe le chat noir, il me fixe.
    La plume de malheur est à mes pieds, hampe pointée vers moi, accusatrice.
    Il ne manque que la sorcière.
    Bon sang, mais c'est bien sûr. Sur ce banc, là, à gauche du chat, cette femme en noire avec ses bas déchirés, son tablier gris moucheté sous son imper noir, son chapeau noir à larges bords. Je sens son regard sur moi. Un regard lourd, pesant. Elle ne bouge pas, immobile, comme prête à bondir !
    Et derrière elle ? La preuve que c'est une sorcière ! Un balai est posé contre le tronc de l'arbre ! Un vrai balai de sorcière, un balai fait de branchages et au manche long, très long.
    Tous ces signes sont contre moi ! Quel horrible Halloween en perspective !
    Soudain des cris d'enfants ! Il sont au moins 15 ! J'ai peur pour eux ! La sorcière semble si forte, si concentrée ! Son chat noir est là prêt à bondir, à déchirer les vêtements des enfants. Je devine son corbeau, perché sur une branche qui observe tout cela de haut.
    Je voudrais crier, crier pour faire éloigner les enfants, les faire s'échapper des terribles griffes de la sorcière ! J'ai le sang glacé, terrorisé, tétanisé.
    Jamais, au grand jamais, on ne laisse des enfants en présence d'une sorcière le jour d'Halloween.
    Et moi immobile, figé, par la sorcière, le chat noir, le corbeau … et aujourd'hui, c'est Halloween !

    Chapitre 5.
    Les enfants sont trop nombreux.
    Ils me rendent tout l'amour que je peux leur donner aujourd'hui, jour d'Halloween !
    Celui-ci m'arrache l'oreille, celui-là me mets les doigts dans les yeux, ce troisième et ce quatrième s'attachent à mes jambes, quant au cinquième, il me serre la bouche.
    Ils me couvrent, n'embrassent, m'enlacent, me chevauchent, m'aiment !
    Comment est-ce possible !
    Ils sont si joyeux et pourtant si vulnérables ! Si inconscients !
    Comment leur dire qu'une sorcière attend son heure, là, à deux pas ! Accompagnée de son chat et de l'un des ses corbeaux ! Tiens, la plume de malheur n'est plus à mes pieds ?
    Les femmes qui accompagnent les enfants sont plus loin, là-bas, de l'autre côté, discutant entre elles et les surveillant de œil.
    La sorcière ne bouge pas, prête à bondir, à jeter ses sorts de malheur.
    Les accompagnatrices des enfants mettent de l'ordre.
    J'entends le crissement familier.
    Un cheval ne fait que passer.
    Son cavalier est fier.
    Je suis perdu dans mes pensées.
    Un liquide coule sur mes yeux.
    Un liquide rouge.
    Du sang !

    Chapitre 6.
    Le crissement familier reprend sous les cris joyeux des enfants.
    Je sens un doigt humide entre mes yeux qui lèche le sang rouge et frais. La main sort d'un vêtement noir !
    Dracula ! C'est Dracula !
    Et si je lui disais d'attaquer la sorcière ? Il la mordrait et la tuerait avant qu'elle n'ait eu le temps de sortir son ail et sa croix !
    Le crissement s'arrête. L'enfant descend de mon dos.
    " C'est fini " crie l'une des accompagnatrices.
    " Moi je veux un autre tour " crie un enfant, " je veux remonter sur le cochon rose qui monte et qui descend. Ma glace à la fraise est tombée j'en veux une autre ! ".
    " Non, Steve, c'est fini ! Il faut rentrer et se préparer à Halloween. Viens mon petit Dracula mignon ! ".
    Les enfants s'éloignent. La voiture de pompiers n'a plus de conducteur, le cheval plus de cavalier.
    Le balayeur a repris son balais.
    La vieille dame en noir, se lève lourdement de son banc, comme endormie, reprend son sac d'ou dépassent les poireaux et menace le chat noir qui s'éloigne fièrement en sens inverse, la queue bien dressée et le pas hautain.
    D'autres enfants s'approchent, à chacun son tour…
    Et moi, le petit cochon rose du manège, je suis tout fière d'être comme un cheval qui saute l'obstacle, pattes tendues devant et derrière, je monte et descends en entendant le crissement familier du manège.
    Ce soir c'est Halloween … et j'adore me faire peur…

    Et vous aviez trouvé   

     

     

     

     

    Me voilà de retour à la maison après de palpitantes vacances en Belgique au château de Monsieur GUILLAUME, le grand-père du sympathique Antoine. Assis à mon bureau, un crayon à la main, une feuille blanche devant moi, je me demande si je dois raconter cette histoire ou me taire. Très peu de personnes la connaissent. Après mûre réflexion, je vais vous la raconter.
    Je me prénomme Christian, j’ai 26 ans et je viens de terminer mes études d’archéologie dans la meilleure école du pays. J’ai passé mes vacances d’été chez monsieur GUILLAUME, le grand-père de mon meilleur ami Antoine. C’est un jeune archéologue âgé de 26 ans comme moi, de taille moyenne, mince, le visage reposé, avec des yeux verts. Il était sympathique, vivace, optimiste, gentil et un peu simple d’esprit.

    La restauration du château où habite Monsieur Guillaume fut faite il y a 15 ans. C’est une magnifique bâtisse avec un jardin superbement fleuri. Lorsque nous sommes descendus de la voiture, un vent violent a soufflé ; la porte s’est ouverte et nous sommes entrés. Le grand-père d’ Antoine vint nous accueillir, un large sourire aux lèvres. C’est un homme de taille moyenne d’environ 65 ans, les cheveux grisonnant coupés courts, l’aspect très soigné, l’air aimable, la physionomie ouverte.

    " - Avez-vous fait bon voyage jeunes gens, nous questionna-il ?

    Oui, très agréable, lui répondis-je.
    George, conduisez mes invités à leur chambres, ordonna-t-il à son majordome.
    Oui monsieur. Par ici, je vous prie, nous dit ce dernier."
    Nous le suivîmes dans un couloir où il y avait environ 18 chambres. La mienne était simple et agréable. Elle me convenait avec son grand lit et ses beaux rideaux. C’était la première fois qu’ Antoine venait au château. Il fut charmé par la sienne et par ses tableaux. Voici ce qu’il me raconta au dîner : "J’ouvre la porte d’une grande et superbe chambre aux murs d’un blanc éclatant avec un immense lit et un grand et beau tableau représentant une jeune et jolie femme. Au moment où j’ai posé mes yeux sur cette peinture, j’ai été comme hypnotisé par ce visage. Elle me fixait de ses grands yeux noirs et j’avoue que j’ai eu très peur."

    "Le dîner est servi monsieur" me prévient le majordome. Je ne l’entendis pas fermer la porte derrière lui, tant j’étais captivé par elle. "

    Nous avons dîné tranquillement, pris le café au salon et discuté de tout et de rien. Et, chacun a regagné sa chambre. Tout était calme, pourtant je n’arrivais pas à dormir.

    Le lendemain, je me réveillai de bonne heure. Quant à Antoine, plus heureux que jamais, il sautait dans les escaliers, un large sourire aux lèvres. Après un délicieux petit déjeuner, Antoine et moi sommes allés découvrir la ville avec la voiture. Au retour, il était déjà midi. Il fut servi un copieux repas. Puis, je me retirai pour aller me reposer. Je me réveillais quand Antoine entra dans ma chambre.

    " - Alors champion, on fait le paresseux aujourd’hui ? se moqua-t-il.

    - Arrête, coquin, lui répondis-je.

    - Allez, allez debout, on va se promener, prendre l’air, cela te fera du bien.

    - D’accord, je viens ."

    Nous descendîmes et sortîmes dans le jardin. Il était très vert et très beau. Après trente minutes de marche, Antoine me proposa de faire des fouilles archéologiques au château à la recherche d’éventuels vestiges du passé. J’allais lui dire oui, mais ces mots à peines prononcés, un vieil homme surgi du néant, était à nos côtés.

    Il nous dit : "Ne faites pas de fouilles archéologiques, si vous ne voulez pas qu’un malheur s’abatte sur vous et quittez ce château au plus tôt", nous lança-t-il avant de disparaître. Nous étions perplexes.

    Après la promenade et dès notre arrivée à la maison, Antoine se précipita dans le salon pour raconter l’incident à son grand-père.

    " - Qu’en penses-tu grand-père ? Dit-il après avoir terminé.

    Eh bien, je pense que cet homme que vous avez rencontré, vous a dit des sottises, répondit son grand-père avec un ton léger.
    Alors, allons-nous rester ici ?
    Bien sûr que oui. J’ai acheté cette maison assez cher, tu sais et je m’y plais."
    Après que Guillaume lui ait dit qu’il restait, Antoine monta dans sa chambre pour changer de vêtement ; quand il descendit, il tomba dans l’escalier et se fit une égratignure.

    Au dîner, en coupant son steak, la fourchette du grand-père de mon ami lui glissa des doigts et se planta dans son avant-bras, lui arrachant ainsi un horrible cri. Antoine était épouvanté à la vue de la fourchette enfoncée dans le bras de son grand-père ; il se précipita pour l’enlever. Quand j’entrai dans la pièce, je fus horrifié par ce spectacle. A l’arrivée du médecin, je m’éclipsai et allai me détendre en réparant la vieille voiture de Monsieur Guillaume.

    Je mis mes mains sur le rebord du capot, et tout à coup, le capot de la voiture tomba sur ma main. Je fus quelques instant pétrifié, paralysé par la peur, puis je poussai un cri strident. A ce bruit, Antoine, son grand-père et Judith accoururent. Monsieur Guillaume et mon meilleur ami me portèrent dans la maison et appelèrent un docteur d’urgence. Celui-ci vint très vite et me banda la main après m’avoir donné les soins nécessaires.

    Le dîner se déroula calmement. Après avoir bu du café, nous sommes montés nous coucher. Vers sept heures, en se réveillant, Antoine entendit le gazouillis des oiseaux et un large sourire éclaira son visage ; il se leva et se pétrifia à la vue de cet avertissement : "Si tu ne pars pas, prends garde à toi", écrit avec du sang et accompagné d’un dessin représentant un jeune homme avec un couteau dans le ventre. De ma chambre, j’entendis un cri terrifiant. Je bondis hors de la pièce et je vis tout le monde se précipiter vers la chambre d’ Antoine ; j’y entrai à mon tour et le vis les yeux grands ouverts, la bouche bée, le visage d’une pâleur cadavérique. Quand je fus près de lui, il pointa son index en tremblant vers le mur qui était en face de lui. Je levai les yeux vers l’endroit indiqué et ne vis rien. Je pris monsieur Guillaume à l’écart et lui demandai des explications :

    "J’attendais de prendre le petit déjeuner quand un cri me parvint. Il semblait venir de l’étage ; alors je me suis précipité vers la chambre d’Antoine et le vis, dans l’état ou vous l’avez trouvé. Il m’a montré le mur qui était en face de lui et j’ai lu "Si tu ne pars pas, prends garde à toi" écrit avec du sang et à côté un dessin figurant un garçon avec un couteau dans le ventre. Mais peu de temps avant votre arrivée, tout a disparu et le mur est redevenu blanc comme neige, m’expliqua-t-il.

    Il faut le voir pour le croire ; je rejoins Antoine, excusez-moi. "
    J’entrai dans la chambre et le vis tout habillé, prêt à effectuer les fouilles. Je le priai de prendre son petit déjeuner et de réfléchir. Il ne voulut rien entendre et dévala l’escalier. Je le suivis. Quand il passa le seuil de la porte pour sortir, un pot de fleurs placé sur le rebord de la fenêtre d’une chambre à l’étage atterrit sur sa tête.

    Mon ami chancela et tomba. Nous le portâmes dans son lit et Judith lui prépara une tisane selon les conseils du médecin qui avait été appelé par monsieur Guillaume. Enfin, il s’endormit. A son réveil, l’intrépide jeune homme demanda un verre d’eau à Judith ; mais quand il voulut le prendre, celui-ci se déplaça tout seul, sorti du plateau, et se brisa au sol en mille morceaux. Ce fut la stupeur générale. Un frisson parcourut la salle. Antoine, les yeux écarquillés, le teint blême, tremblait des pieds à la tête. Je demandai à tous de nous laisser seuls. Tous ces évènements m’inquiétaient sérieusement. Lorsque Antoine reprit ses esprits et que tout le monde sortit de sa chambre, nous nous mîmes à parler, à réfléchir.

    "Récapitulons veux-tu ? D’abord, lorsque tu formulais l’idée de faire des fouilles archéologiques dans le château, un vieil homme nous approche et nous interdit d’en faire et de partir. Ton grand-père décide de ne pas partir et nous conseille de réaliser ton projet. Tu montes et quand tu descends, tu tombes et tu te fais une égratignure. Pendant ce temps, je réparais la voiture, j’ai mis ma main sur le bord de la voiture et le capot m’est tombé sur la main m’arrachant un cri épouvantable.

    Au dîner, ton grand-père s’enfonce sa fourchette dans le bras par accident. Ce matin tu as vu écrit avec… du sang sur ton mur, un avertissement. Après tu veux sortir et quand tu es sur le pas de la porte, un pot de fleurs te tombe sur la tête. Peu de temps après, tu veux prendre ton verre et ce dernier se déplace tout seul et tombe, dis-je.

    Conclusion ? me rétorqua-t-il.
    Et bien ! Il y a sans doute quelqu’un derrière tout ça. Ou peut-être bien quelque chose. De toute façon, une… chose est là, appelons les choses par leurs noms… la chose nous veut du mal, la chose nous en veut. Pourquoi ? Là réside le mystère.
    Tu as raison ; mais je me moque éperdument de tous ces évènements, pour le moins insolubles et qui ont toutefois une explication logique, répondit-il avec une certaine hauteur et fier de son courage
    Je crois que d’une certaine façon, tu as raison, mais il y a tout de même un mystère.
    Le seul mystère est : à quelle heure commencerons-nous les fouilles demain ?
    Mais tu ne peux tout de même pas nier l’existence …
    Le dîner est prêt, allons- y. je t’en prie Christian, n’en parle pas à grand-père, me supplia-t-il.
    C’est d’accord."
    Le dîner se passa normalement et la conversation roula sur la région, l’archéologie et les talents culinaires de Judith.

    Le jour suivant, je me réveillai en plein après-midi avec une douloureuse migraine. Je me rappelai que la veille, Antoine m’avait dit qu’il ferait des fouilles. Au même moment, j’entendis quelqu’un frapper. C’était mon hôte. Il ouvrit la porte et entra.

    " - Alors paresseux, me dit-il ; c’est maintenant que tu te réveilles ?

    Oui, répondis-je, j’ai terriblement mal à la tête.
    Je suis venu il y a une heure, et tu dormais comme un ange."
    Il nous servit une collation, ensuite me raconta sa journée.

    " - Devine ce que j’ai fait ce matin, commença-t-il.

    - Qu’as-tu fait ?

    - J’ai découvert un passage secret en inspectant les murs de ma chambre. J’y suis entré. Il faisait noir, mais heureusement, j’avais ma lampe de poche que j’emporte toujours ave moi. C’était une pièce sombre et sinistre qui comprenait de vieux livres écrits en ancien français. Elle était lugubre, avec des murs délabrés, couverts de toiles d’araignées, de poussière ; et j’y ai trouvé une statuette en or. Je te la montrerai tout à l’heure, après avoir terminé mon histoire.

    - Dépêche-toi, dis-je avec excitation. J’ai hâte de la voir.

    - La statuette illumina subitement la pièce sinistre. Elle est belle, fascinante, et si expressive qu’elle te donne la chair de poule. Ce n’est pas tout. Au moment où je me précipitais pour prendre une telle merveille, j’entendis un méchant ricanement qui semblait être celui de Judith.

    - Donc, tu veux dire que Judith était dans la même pièce que toi ?

    - Je n’en sais rien, mais j’ai cru entendre sa voix.

    - Je l’écoutais sans croire à son histoire. Cinq minutes plus tard, Antoine courut dans sa chambre et ramena une belle statuette en or massif qui n’avait rien de spécial si ce n’est sa beauté. Selon moi, elle devait dater de la fin du dix huitième siècle.

    Antoine lut sur mon visage que sa trouvaille me déplaisait. Sans raison, j’étais mal à l’aise. Alors, pour me rassurer, il dit :

    " - Je descends la montrer à grand-père, veux-tu venir avec moi ?

    - Non merci, répondis-je déçu. Je préfère rester au lit. "

    Il quitta ma chambre et je l’entendis descendre les marches de l’escalier.

    Quelques minutes plus tard, je descendis à mon tour. J’arrivai dans le salon au moment où le vieux monsieur Guillaume appelait Judith pour qu’elle lui serve du café. En arrivant, elle avait un sourire et son maître lui posa la question :

    "  - Aujourd’hui, c’est mon anniversaire monsieur, répondit-elle.

    Il fallait me le dire plus tôt ! s’exclama-t-il. Antoine, donne-moi cette merveille que tu as dans la main.
    Tiens, dit Antoine en lui donnant la statuette.
    Au fait, prends-la Judith, tu la mérites et je te souhaite un très joyeux anniversaire.
    Merci monsieur, répondit-elle avec joie.
    Attends Judith, dit Antoine, Grand-père, pourquoi lui donnes-tu mon trésor ?
    Je le lui donne en guise de cadeau d’anniversaire. Elle travaille pour moi depuis cinq ans.
    Oui, je le sais, répliqua-t-il agressivement. Mais cette statuette est à moi et il n’est pas question que tu la lui donnes !
    A ces mots, il courut vers elle et lui arracha sa figurine des mains. "
    Le soir  Antoine sortit en voiture pour se détendre et se changer les idées. Quelques temps plus tard, il revint et se précipita dans sa chambre et s’en enferma. Il en ressortit presque aussitôt, horrifié. Il vint me voir dans ma chambre. Je dormais et lui était affolé. Je me réveillai en sursaut après qu’il m’eut secoué comme un prunier. Mon ami me narra les événements avec confusion : "Je conduisais tranquillement la voiture quand soudain sortie de nulle part surgit devant moi, une jeune et jolie femme aux longs cheveux noirs d’ébène, avec de grands yeux noirs, un nez droit et fin, une bouche fine, un cou long et mince, vêtue d’une robe blanche. A sa vue, je fus obligé de freiner mais elle tomba. Alors, je descendis de la voiture, m’approchai de l’endroit où elle était tombée, mais je ne vis rien. Je fus pris de panique et rentrai à la maison.

    En ouvrant la porte de ma chambre, je la vis sur le mur ; c’était la jeune fille du tableau. Elle commença à me sourire et la peinture se mit à bouger dans tous les sens. Horrifié, je viens tout te raconter pour me sentir ainsi soulagé."

    Ma réaction fut tout à fait négative. Je lui dis qu’il avait des hallucinations, que c’étaient des illusions d’optique et qu’il devrait aller se coucher et demain tout serait oublié.

    Il descendit au salon, demanda à Judith de lui préparer un infusion. Il s’assit à la table à manger et but la tisane que la cuisinière lui avait préparée et se mit à s’arracher les cheveux et à les manger touffe par touffe. Il transpirait, il tremblait. Ses yeux étaient grands ouverts et son regard vide d’expression. Il marmonnait des mots incompréhensibles. Il était dans un autre monde, un monde à lui seul. Tout à coup, il entreprit de faire de grands gestes ; il semblait se défendre avec la dernière énergie contre cette chose qu’aucun d’entre nous ne voyait.. Puis il se calma brusquement et s’assoupit, à bout de force.

    Judith appela l’asile des malades mentaux pour qu’ils viennent le chercher.

    Je ne pouvais pas m’endormir après le départ d’Antoine. Toute la maison en était retournée. Peu de temps avant mon départ, je réclamai des explications à Judith car je savais qu’elle lui en voulait pour la statue.

    Elle me répondit franchement que si elle avait voulu faire du mal à Antoine, elle l’aurait empoisonné le jour même avec un poison qui ne l’aurait pas tué mais qui l’aurait rendu malade pendant une semaine.

    Je ne comprenais pas et je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé et comment cela est arrivé.

     

     

                                                                                                    

     

     

                                     

      

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